«Envoyée dans un trou»: près de la prison russe où Brittney Griner purge sa peine

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Basketteuse américaine«Envoyée dans un trou»: près de la prison russe où Brittney Griner purge sa peine

C’est la «terre des prisons»: la Mordovie, où est arrivée cette semaine la star du basket-ball, Brittney Griner, pour purger sa peine, est une région russe réputée pour ses colonies carcérales.

A woman inspects goods at a marketplace in the town of Yavas in Mordovia, central Russia, on November 19, 2022, as US' Women's National Basketball Association (WNBA) basketball player Brittney Griner, was escorted to serve her sentence there. - US' Women's National Basketball Association (WNBA) basketball player Brittney Griner, who was detained at Moscow's Sheremetyevo airport and later charged with illegal possession of cannabis, began serving her sentence at IK-2. Russia said it hoped the United States will return notorious Russian arms trafficker Viktor Bout in a prisoner swap, after American basketball star Brittney Griner was transferred to a penal colony. (Photo by Alexander NEMENOV / AFP)

Une femme inspecte des marchandises sur un marché de la ville de Iavas en Mordovie, dans le centre de la Russie.

AFP

C’est la «terre des prisons»: la Mordovie, où est arrivée cette semaine la star du basket-ball, Brittney Griner, pour purger sa peine, est une région russe réputée pour ses colonies carcérales. Dans le village de Iavas, perdu à 400 km au sud-est de Moscou, au milieu des forêts et des marais couverts de neige, où se trouve la colonie pour femmes N°2, le sort de la basketteuse laisse de marbre la plupart des locaux.

Condamnée en août, la sportive afro-américaine, double championne olympique, doit y purger une peine de neuf ans d’emprisonnement pour «trafic de drogue», après avoir été arrêtée en février dans un aéroport de Moscou avec une vapoteuse et du liquide contenant du cannabis, un produit interdit en Russie. Elle dit qu’il s’agissait d’un traitement pour apaiser des douleurs liées à sa pratique intensive du basket. Ses soutiens dénoncent une prise d’otages pour marchander avec Washington en plein conflit en Ukraine. Des négociations sont en cours en vue d’un échange de prisonniers.

«D’habitude on amène ici plutôt des détenus dits “particulièrement dangereux”»

«D’habitude on amène ici plutôt des détenus dits “particulièrement dangereux”», remarque Vitali Doïne, 48 ans, un ancien prisonnier qui a passé six ans dans une colonie de Mordovie et s’est reconverti en chauffeur de taxi. Il se dit «surpris» qu’une sportive aussi célèbre ait été envoyée dans un tel «trou». La République de Mordovie accueille une vingtaine de prisons. Selon Vitali, toutes les colonies de la région sont «rouges», selon la classification officieuse du milieu carcéral en Russie. C’est à dire sous le contrôle des matons, contrairement aux colonies dites «noires» qui sont sous la coupe de groupes mafieux.

Le village de Iavas a été fondé en 1921, quand commençait à se constituer l’archipel soviétique du Goulag. Il tourne toujours autour de l’économie carcérale : la plupart de ses habitants travaillent dans l’administration pénitentiaire, ou y ont travaillé. Au marché local, en ce samedi de novembre, la très grande majorité des habitants disent ne pas avoir entendu parler de l’affaire Griner ou refusent de parler à la presse.

(AFP)

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