Sarkozy sur Schengen – «C'est le degré zéro de la politique»
Publié

Sarkozy sur Schengen«C'est le degré zéro de la politique»

LUXEMBOURG - Le président français a menacé dimanche de «suspendre la participation» de la France aux accords de Schengen. Des politiques luxembourgeois réagissent à ces propos...

«Les accords de Schengen ne permettent plus de répondre à la gravité de la situation. Ils doivent être révisés. Il faut mettre en œuvre pour Schengen une réforme aussi structurelle que celle que nous venons de mettre en œuvre pour l'euro», a lancé le président-candidat Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting de campagne, dimanche (voir vidéo ci-dessus). Lors d'une réunion sur l'Europe, ce lundi matin à Luxembourg-Ville, L'essentiel Online a fait réagir quelques personnalités politiques luxembourgeoises sur cette menace du président français.

Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne: «Je ne me mêle pas de la campagne électorale en France», a confié la commissaire européenne dans un soupir.

Claude Turmes, eurodéputé Déi Gréng: «Sarkozy devient de plus en plus nerveux, et se sert ouvertement des idées du Front national. C'est inacceptable! Mais au niveau européen il n'y a pas volonté de revenir sur les acquis de Schengen. Une réforme est en cours mais pas dans la démesure de Sarkozy».

Georges Bach, eurodéputé CSV: «Je n'apprécie pas cette démarche. Schengen est l'un des principaux atouts de l'Europe, avec l'euro. La mobilité du citoyen est importante. La démarche de Sarkozy est purement électorale».

Charles Goerens, eurodéputé DP: «L'idée de Sarkozy est absolument inadmissible. Mais comme dirait Bismarck: "On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse". Schengen doit être réformé mais juste au niveau des partages des tâches entre les pays».

Xavier Bettel, député DP et bourgmestre de la capitale: «Nous construisons l'Europe en allant de l'avant, pas en faisant un pas en avant et deux pas en arrière. Il fallait s'opposer à Schengen avant la signature des accords, pas maintenant. De plus, des contrôles existent déjà sur les routes, dans les trains et quand il faut lutter contre le crime organisé. Vous imaginez qu'on contrôle tous les frontaliers français à Zoufftgen et Dudelange? Ce n'est plus un tram qu'il faudrait mais des passages aériens».

Alex Bodry, président du LSAP: «On voit que la politique française est de plus en plus dictée non pas par la réalité mais par la recherche d'effet de manche. Ce n'est pas sérieux. On ne peut pas prétendre être un moteur de la politique européenne et agir comme ça. C'est le degré zéro de la politique».

Jean Asselborn, ministre LSAP des Affaires Étrangères: «C'est populiste et anti-européen. Je pense que les Français tireront la sonnette d'alarme, comme les Danois l'ont fait en 2011».

(L'essentiel Online/jw/sb/fr)

Changer Schengen sera difficile

La convention sur l'espace européen sans frontière «Schengen fait partie du traité» de l'Union européenne et «donc une modification demandera un changement de ce traité», a déclaré Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée des questions d'immigration.

L'accord de Schengen entré en vigueur en 1985 a d'abord été signé sous la forme d'une convention purement inter-gouvernementale entre les pays en faisant partie. Mais il a été depuis, en 1997, intégré au traité de l'Union européenne. Et donc des modifications de fond nécessiteraient une réouverture de ce dernier traité, une approbation de tous les pays de l'UE et des ratifications ensuite.

Mme Malmström a insisté sur le fait que le sujet de l'amélioration de Schengen était déjà à l'étude au sein de l'UE. «Nous sommes en train de négocier» des propositions faites à la demande des gouvernements européens, qui visent à renforcer le système d'évaluation «des contrôles aux frontières par les différents pays de l'espace Schengen, à «renforcer la confiance de la zone et garantir la libre circulation», a dit la commissaire.

Ton opinion