Le Dorat (France) – C'est parti pour le Mondial de tonte de moutons!

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Le Dorat (France)C'est parti pour le Mondial de tonte de moutons!

Dans le centre de la France, les stars de la tonte de moutons ont entamé leur 18e championnat mondial jeudi, avec 34 équipes nationales et 330 compétiteurs.

«C'est génial! J'adore l'aspect physique du boulot», s'exclame la Canadienne Pauline Bolay, une des deux femmes qui tondent lors du championnat du monde de tonte de moutons débuté jeudi au Dorat, dans le centre de la France. Sous une immense tente blanche, cette tondeuse professionnelle s'apprête à rejoindre l'estrade où, par groupes de six, les 323 participants internationaux se succéderont jusqu'à dimanche pour tondre 5 000 moutons, dos courbé avec à la main une tondeuse ou des ciseaux traditionnels à grandes lames, appelés forces.

À côté d'elle, un Japonais en salopette fait quelques étirements tandis que son compatriote Shun Oishi vient de terminer le concours international de tonte de moutons, qui précède tout championnat du monde dont les épreuves débutent vendredi. «Je suis impressionné par un tel niveau de technique», souligne ce compétiteur, qui participe pour la première fois à des championnats du monde et aime pratiquer les deux types de tontes. «Avec les forces, je sens que je coupe la laine mais ça fait mal au bras!», reconnaît le trentenaire, qui travaille dans une ferme pour touristes à une centaine de kilomètres de Tokyo.

«La fusion entre l'animal et l'homme»

Après ce concours, appelé «All Nations» et ouvert à plus de 300 participants, tous niveaux confondus, il va participer vendredi au championnat du monde, épreuve plus réduite qui se déroule pour la première fois en Europe continentale depuis sa création en 1977. Seuls deux participants de chaque pays sont sélectionnés pour chaque catégorie: la tonte machine (rasoir), la tonte forces (ciseaux) et le tri de laine qui permet de sélectionner la meilleure qualité. Pour être bon tondeur, la technique est importante et surtout «la fusion entre l'animal et l'homme», estime Christophe Riffaud, président de l'Association pour le mondial de tonte de moutons (AMTM), organisatrice de l'événement.

«L'animal doit se sentir en confiance et pour cela, il faut que nous-mêmes soyons confiants», poursuit cet éleveur de bovins et prestataire de service en tonte au Dorat.

«Tremplin pour la filière»

Pour accueillir la compétition, la petite commune rurale du Dorat, avec un budget d'un million d'euros et 300 bénévoles par jour, a vu grand: un site de sept hectares sur son terrain de foot et les champs alentour accueillant stands et activités. Quant aux moutons, ils sont cachés des regards jusqu'à leur entrée sur scène. Seul le nombre suffisant pour la journée est présent. Aussitôt après avoir été tondus, le cheptel repart en camion dans sa ferme, dans un rayon de 30 km.

«Ce championnat du monde peut servir de tremplin pour améliorer la filière. En se mesurant aux autres, ça fait monter la qualité et ça ne peut être que mieux pour l'animal. Comme c'est spectaculaire, les jeunes ont envie de le faire», se réjouit M. Riffaud. Parmi les pays présents comme la Norvège, l'Estonie, ou pour la première fois la Belgique, les pays anglo-saxons sont favoris, Nouvelle-Zélande en tête. Elle a remporté à domicile le dernier championnat en 2017 en tonte machine et tri de laine. Le champion du monde pour la tonte aux forces, le Sud-Africain Mayenseke Shweni, est lui aussi au Dorat pour conserver son titre.

(L'essentiel/afp)

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