Au Luxembourg: C'est quoi ton job? «Rendre mes collègues heureux»

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Au LuxembourgC'est quoi ton job? «Rendre mes collègues heureux»

LUXEMBOURG – Fanny Schlesser est, depuis 2020, happiness officer au sein de la banque Raiffeisen. Donner envie de venir au boulot et créer du lien, c'est sa mission.

par
Nicolas Chauty

Elle est la fille d'un banquier et d'une psychologue, la rigueur d'un côté et les clés de l'analyse de soi de l'autre. Voilà ce qui a bercé Fanny Schlesser au point qu'elle est devenue… happiness officer dans une banque. Traduisez «responsable du bonheur» de ses collègues chez Raiffeisen au Luxembourg. La fonction est née aux États-Unis dans les années 2000, avant de s'exporter. «Début 2020, juste avant la crise sanitaire, la banque a décidé de créer ce poste désormais stratégique», explique la jeune femme. Un poste «loin de toute futilité», glisse Raiffeisen. Pour Fanny, c'est une mission «win-win où l’entreprise et tous ses collaborateurs sont les grands gagnants».

Mais c'est quoi, au juste, être responsable du bonheur dans les bureaux? «Augmenter le plaisir» de venir au boulot. Et pour le coup, la pandémie a permis une mise en situation accélérée pour maintenir le lien entre tous les collaborateurs en présentiel et télétravail. Très vite après les confinements, Fanny Schlesser a organisé un tournoi de baby-foot, des jeux-concours, des barbecues, des team-buildings au sein des équipes. «Chaque premier lundi du mois, tous les employés reçoivent un petit cadeau pour les remercier, développe Fanny Schlesser. Nous avons aussi développé un jardin communautaire où se retrouvent employés et membres de la direction».

La direction qui fait des crêpes pour les collaborateurs

Le plaisir est maintenu, et avec lui la motivation et la performance en bout de chaîne. Raiffeisen l'assure, tous les employés, au siège ou dans les agences, sont concernés par les actions de l'happiness officer. «Nous avons déjà vu les membres du comité de direction préparer et servir des crêpes aux collaborateurs», se réjouit la jeune femme, qui note que la satisfaction du personnel a été confirmée lors d'une récente étude interne.

Introduire cette mission nouvelle dans le management actuel a-t-il été bien reçu? «Au début, il a clairement fallu gagner en crédibilité, j’ai dû me faire accepter, répond Fanny Schlesser. Aujourd’hui, le happiness officer fait partie intégrante de l’entreprise et ils ont compris tous les bénéfices qu’ils en tirent au quotidien». La fonction n'est pas encore très répandue au Luxembourg, elle existe parfois sous une autre forme et rattachée aux ressources humaines.

Mais Fanny Schlesser est prête, s'il le fallait, à échanger avec d'autres chefs d'entreprises du pays pour les convaincre d'introduire un responsable du bonheur dans l'organigramme. «Un collaborateur heureux rend le client heureux. C’est vital pour une entreprise».

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