Au Luxembourg: «C'était hypocrite que l'alcool soit toléré, pas le cannabis»

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Au Luxembourg«C'était hypocrite que l'alcool soit toléré, pas le cannabis»

LUXEMBOURG – Validé vendredi, le projet de loi sur la légalisation du cannabis récréatif fait déjà parler.

Les résidents pourront cultiver des plants de cannabis à domicile, en quantité limitée.

Les résidents pourront cultiver des plants de cannabis à domicile, en quantité limitée.

«On pourra cultiver combien de plants par ménage?», s'enquiert Marc*, résident luxembourgeois de 25 ans, avec un grand sourire plein d'espoir. Les avis sur la légalisation du cannabis varient un peu mais dans l'ensemble, les jeunes croisés ce dimanche sont plutôt favorables au projet de loi validé vendredi par le gouvernement. «Je pense que c'est le moment de légaliser, reprend le jeune homme. Après tout, c'est une drogue douce, je trouvais cela un peu hypocrite que l'alcool soit autorisé et pas le cannabis».

Le projet de loi, qui doit encore suivre son parcours législatif, autorisera la consommation de cannabis dans la sphère privée et la culture à domicile jusqu'à quatre plants, pour les personnes majeures. La possession et la consommation de cannabis sur la voie publique en petite quantité seront en outre dépénalisées: les contrevenants ne seront plus poursuivis, mais des amendes pourront toujours s'appliquer.

«Quand les gens fument juste à côté, ce n’est pas génial»

Audrey*, 35 ans, résidente au Luxembourg, précise ne pas consommer, mais elle trouve la loi actuelle trop dure. Elle est «satisfaite que les pénalités soient revues à la baisse». «La France ferait bien de suivre l'exemple du Luxembourg, renchérit Thomas, 35 ans, frontalier français. Cela évite que les fumeurs se mettent en danger de se faire dépouiller quand ils vont acheter du cannabis», avance-t-il.

Kevin, 18 ans, est content que le texte maintienne l'interdiction de consommer dans les lieux publics: «Quand les gens fument juste à côté, ce n’est pas génial». Mais le Luxembourgeois trouve cela bien que les consommateurs «ne soient plus obligés de se fournir sur un marché illégal».

* Le prénom a été modifié

(Séverine Goffin)

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