Liaison Micheville-Belval – «C'était le projet le plus complexe à réaliser»
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Liaison Micheville-Belval«C'était le projet le plus complexe à réaliser»

BELVAL - La liaison entre Micheville et Belval ouvre au public, vendredi, à 15h. À l'occasion de l'inauguration du tunnel Central Gate, les deux pays ont expliqué le projet.

Plus de 250 personnes, ingénieurs, élus locaux, départementaux et régionaux, préfets, ministres des deux pays se sont réunis vendredi matin, dans le tunnel Central Gate d'Esch-Belval, pour l'inauguration officielle du tronçon Micheville-Belval. Un aréopage expliqué par le caractère «unique» de ce projet, selon Christian Eckert, secrétaire d'État chargé du Budget en France. Ce tronçon, dernière partie du projet de liaison Micheville-Belval, passe sous la Terrasse des Hauts-Fourneaux, «un bassin de 25 000 emplois et 6 à 7 000 habitants, sans compter nos concitoyens français qui y transitent», dit François Bausch, le ministre des Infrastructures et du Développement durable. Le fruit d'une «coopération entre les deux équipes pour désengorger le nord lorrain mais aussi former ensemble une zone urbaine transfrontalière», l'avenir du pays selon le ministre.

Les 735 mètres de ce tunnel font partie d'une liaison de 3,3 km en voie expresse de 2x2 voies. Une route qui relie désormais le rond-point Raemerich, et la zone de Micheville reconvertie sur les friches de l'industrie lorraine. «Malgré la critique, il faut bien comprendre que c'est une partie d'un concept global qui va s'améliorer dans quelques années. Il ne faut pas s'attendre à des miracles aujourd'hui. Il va falloir attendre pour voir le réel désengorgement des axes classiques», et notamment la ville française d'Audun-le-Tiche, prise d'assaut par quelque 20 000 frontaliers chaque jour. Pour cela, le ministre espère le raccordement avec l'A4 «dans les 3 ans à venir» et puis «on l'espère» une nouvelle liaison avec l'A30 en France.

191,5 millions d'euros pour le tunnel

«C'est en tout cas une prise de conscience collective», complète Christian Eckert, secrétaire d'État chargé du Budget en France. «Les 90 000 lorrains qui chaque jour se rendent au Luxembourg façonnent des territoires où les frontières disparaissent. La portée est plus large que locale». L'ancien maire de Trieux a mis en valeur cette «première» de voir un gouvernement étranger financer une infrastructure à l'extérieur de ses frontières. «Ici se sont nouées des relations à l'échelle internationale. Ce tunnel pourrait porter le nom d'un Français, né au Luxembourg, et père de l'Europe: le tunnel Robert Schuman», ajoute Patrick Weiten, président du conseil départemental de Moselle. L'idée est lancée.

Le tunnel, qui a coûté 191,5 millions d'euros, est le «projet le plus complexe qu'on a dû réaliser, note François Bausch. Le tunnel est construit sous les rails des CFL et l'ingénierie qu'on a choisie pour cette jonction était impressionnante. C'était même une nouveauté dans la façon de travailler pour nous». Le ministre Déi Gréng souhaite désormais se concentrer sur le multimodal et favoriser cette proximité avec la gare de Belval et le P+R. «Sur ce site on a choisi un partage entre les transports en commun et individuels de 60/40, c'est un pari très ambitieux. On arrivera à le faire si on développe maintenant les transports en commun».

Le ministre luxembourgeois des Infrastructures, François Bausch, et le secrétaire d'État français, Christian Eckert, annoncent que le travail n'est pas terminé:

(Jonathan Vaucher/L'essentiel)

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