Commission d'enquête – Cahuzac attendu pour une audition-choc
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Commission d'enquêteCahuzac attendu pour une audition-choc

L'ex-ministre français du Budget sera interrogé par les députés qui chercheront à déterminer s'il a bénéficié de protections entre la révélation de «Mediapart» en décembre et ses aveux en avril.

Jérôme Cahuzac fera son retour ce mercredi à l'Assemblée nationale pour être interrogé par une commission d'enquête parlementaire.

Jérôme Cahuzac fera son retour ce mercredi à l'Assemblée nationale pour être interrogé par une commission d'enquête parlementaire.

AFP

Cette commission a ciblé ses investigations sur l'action du gouvernement pendant que M. Cahuzac, alors encore en poste, niait en bloc les révélations l'accablant, même auprès de ses conseillers les plus proches. Les commissions d'enquête parlementaires françaises ont moins de pouvoirs que celles du Congrès américain mais elles peuvent mettre au jour des informations et, dans de rares cas, saisir la justice.

Les témoins qu'elles convoquent sont tenus de se présenter sous peine de sanctions pénales et sont invités à prêter serment. «Notre mission est de savoir s'il y a eu entre le 5 décembre et le départ de Jérôme Cahuzac (NDLR: du gouvernement, le 19 mars), dans le cheminement de l’État, des dysfonctionnements ou non et savoir si telle ou telle décision aurait entravé le travail de la justice», a expliqué le rapporteur de la commission, le socialiste Alain Claeys.

Complaisance de l'administration?

Lors de sa seule longue intervention publique sur cette affaire, le 16 avril sur BFMTV, M. Cahuzac ne s'était pas étendu sur la possibilité que son ministre de Tutelle, Pierre Moscovici, Matignon ou l’Élysée aient pu savoir que Mediapart disait vrai. À propos du président François Hollande, il s'était borné à dire: «J'ignore quel était son niveau de connaissance de cette affaire. Ce que je veux dire, c'est que à lui, comme au Premier ministre (NDLR: Jean-Marc Ayrault), comme à Pierre Moscovici, je n'ai pas dit la vérité».

Il est difficile de prédire ce que l'ex-ministre pourrait révéler de nouveau aux députés qui l'interrogent. Une semaine à peine après la publication du premier article, une «muraille de Chine» a en effet été érigée entre ses services et l'administration fiscale: il s'agit d'une procédure l'empêchant d'avoir la moindre information sur l'enquête administrative dont il faisait l'objet. La commission cherche notamment à savoir si cette enquête a été menée avec suffisamment de diligence par la direction générale des Finances publiques, et sans complaisance pour M. Cahuzac, étant donné la gravité des accusations de Mediapart.

Audition de plusieurs ministres prévue

La commission a déjà auditionné depuis le 21 mai plusieurs hauts fonctionnaires de Bercy, les directeurs de cabinet de Jérôme Cahuzac et du ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, mais aussi Fabrice Arfi, le journaliste qui a révélé l'histoire, et le directeur de Mediapart, Edwy Plenel. Parallèlement, plusieurs acteurs locaux ont été entendus, notamment Michel Gonelle, battu par Jérôme Cahuzac aux municipales de Villeneuve-sur-Lot (sud-ouest) en 2001, mais aussi l'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, candidat malheureux contre M. Cahuzac aux législatives de 2007.

Tous deux ont été en possession de l'enregistrement qui a constitué la pièce accusatrice centrale du dossier et dans lequel on entend une voix attribuée à M. Cahuzac évoquer un compte secret à la banque suisse UBS, «pas la plus planquée des banques». Pierre Moscovici ainsi que les ministres de la Justice, Christiane Taubira, et de l'Intérieur, Manuel Valls, devraient être auditionnés «après le 14 juillet», a assuré M. Claeys, en précisant que les dates n'étaient pas encore calées. La commission doit rendre son rapport en septembre.

(L'essentiel Online/AFP)

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