«Brexit» – Cameron a surmonté les premiers obstacles

Publié

«Brexit»Cameron a surmonté les premiers obstacles

Le Premier ministre britannique a obtenu à peu près ce qu'il demandait à ses pairs européens, levant les premiers obstacles de la course pour maintenir son pays dans l'UE.

Cameron a reçu un soutien de poids, celui de Theresa May, sa ministre de l'Intérieur eurosceptique, qui s'est rangée dans le camp du Oui au maintien dans l'UE.

Cameron a reçu un soutien de poids, celui de Theresa May, sa ministre de l'Intérieur eurosceptique, qui s'est rangée dans le camp du Oui au maintien dans l'UE.

AFP

«Politiquement, il a donné le meilleur dont il soit capable avec les pays membres de l'UE», estime John Springford, chercheur au think tank européen CER. «Et il s'en est bien tiré dans la gestion de son parti, réussissant à contrôler les eurosceptiques», selon lui. Le Premier ministre conservateur a obtenu vendredi des 27 une série de réformes renforçant le statut à part de la Grande-Bretagne dans l'UE. Sur cette base il a annoncé la tenue le 23 juin du référendum qui décidera du maintien ou de la sortie (Brexit) du Royaume-Uni de l'UE.

De retour à Londres samedi pour vendre son accord à ses ministres, M. Cameron a reçu un soutien de poids, celui de Theresa May, sa ministre de l'Intérieur, eurosceptique notoire, qui s'est rangée dans le camp du Oui au maintien dans l'UE. Mauvaise surprise en revanche: son ami personnel le ministre de la Justice Michael Gove l'a lâché. Cinq autres ministres, sur 22, se sont rangés dans le camp du Brexit, des défections, elles, attendues.

Accord peu convaincant

Mais somme toute, les poids lourds du gouvernement ont mis un mouchoir sur leur euroscepticisme, comme le ministre des Affaires étrangères Philip Hammond ou de la Défense Michael Fallon. Une inconnue planait encore samedi dans le camp conservateur : la position que prendra le bouillonnant et populaire maire de Londres Boris Johnson, candidat à la succession de David Cameron. Sa popularité donnerait du lustre à la campagne pro-Brexit, animée jusqu'ici par des responsables politiques plus ou moins marginalisés, comme Nigel Farage, chef du parti anti-immigrés Ukip, ou George Galloway, ex député pro-palestinien.

Même s'il ne changerait pas le résultat du référendum, son entrée en campagne pour un Brexit pourrait compliquer la tâche de M. Cameron, estiment les analystes. Quant à l'accord négocié à Bruxelles, il a été accueilli avec scepticisme ou sans enthousiasme, mais peu importe car il va jouer un rôle mineur dans la campagne du référendum, s'accordent à dire les experts. «La renégociation n'a pas abouti à grand chose, et l'accord ne va pas contribuer à convaincre qui que ce soit», estime John Springford. «Il ne changera pas les positions de ceux qui sont pour ou contre le maintien dans l'UE. Et les indécis se décideront sur de grandes questions comme l'économie et la sécurité», ajoute-t-il.

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion