En Turquie – «Ce n'est plus un pays sûr pour les étrangers»

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En Turquie«Ce n'est plus un pays sûr pour les étrangers»

Le tourisme en Turquie, déjà plombé par des attentats à répétition, risque de toucher le fond cette année avec la triple attaque suicide, mardi, à l'aéroport d'Istanbul.

A Turkish anti-riot police officer (L) stands guard as a man walks past near the explosion site on June 29, 2016 at Ataturk airport International arrival terminal in Istanbul, a day after a suicide bombing and gun attack targeted Istanbul's airport, killing at least 36 people.
A triple suicide bombing and gun attack that occurred on June 28, 2016 at Istanbul's Ataturk airport has killed at least 36 people, including foreigners, with Turkey's prime minister saying early signs pointed to an assault by the Islamic State group. / AFP PHOTO / OZAN KOSE

A Turkish anti-riot police officer (L) stands guard as a man walks past near the explosion site on June 29, 2016 at Ataturk airport International arrival terminal in Istanbul, a day after a suicide bombing and gun attack targeted Istanbul's airport, killing at least 36 people.
A triple suicide bombing and gun attack that occurred on June 28, 2016 at Istanbul's Ataturk airport has killed at least 36 people, including foreigners, with Turkey's prime minister saying early signs pointed to an assault by the Islamic State group. / AFP PHOTO / OZAN KOSE

AFP/Ozan Kose

Au moins 41 personnes, dont 13 ressortissants étrangers, ont trouvé la mort et 239 personnes ont été blessées dans cette nouvelle attaque frappant la première ville de Turquie, la plus visitée aussi. La cinquième attaque kamikaze en Turquie depuis un an porte, selon Ankara, la marque de l'Organisation de l'État islamique et charrie ses images choc de carnage, loin des brochures touristiques, diffusées largement sur les réseaux sociaux.

Depuis un an, des attentats à Istanbul et Ankara, qui ont fait près de 200 morts et des milliers de blessés, ont ainsi fait fuir les touristes dont les arrivées sont au plus bas depuis 22 ans. Ils ont sinistré une industrie qui était l'un des grands pourvoyeurs de devises de l'économie turque, avec près de 30 milliards d'euros par an.

Attaques à répétition

Telle était d'ailleurs l'une des motivations clairement affichées par les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), un groupe radical proche des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dans sa revendication de l'attentat à la voiture piégée qui a fait 11 morts, le 10 juin, dans le quartier historique de Beyazit, une zone touristique d'Istanbul. «Nous tenons à avertir les touristes étrangers en Turquie et ceux qui veulent s'y rendre. Les étrangers ne sont pas notre cible mais la Turquie n'est plus un pays sûr pour eux», avait souligné l'organisation.

Les attentats récents ont touché en priorité des sites touristiques emblématiques: à Istanbul, le 12 janvier dernier, douze touristes allemands étaient fauchés dans un attentat suicide dans la zone ultravisitée de Sultanahmet. L'attaque, attribuée à l'EI, a été perpétrée à deux pas de la basilique Sainte-Sophie et de la Mosquée bleue, joyaux du patrimoine culturel et architectural de Turquie et hauts lieux touristiques. Deux mois plus tard, le 19 mars, quatre touristes étrangers - trois Israéliens et un Iranien - étaient tués par un kamikaze, de nouveau apparemment de l'EI, sur l'avenue la plus célèbre et la plus animée d'Istanbul, Istiklal.

Les étrangers ne viennent plus

L'attentat à l'aéroport, mardi soir, a eu lieu alors que s'annonce pour les Turcs le long congé de bayram, occasion de voyages, et que, normalement, la saison estivale doit déjà battre son plein dans ce pays de soleil, de mer turquoise et de monuments. Mais pour le mois de mai, le ministère du Tourisme a fait état de la plus forte baisse d'arrivées en 22 ans, avec une chute de près de 35% du nombre de touristes étrangers, à 2,5 millions de visiteurs.

Seule lueur à ce sombre tableau, le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi la levée des sanctions contre la Turquie, dans le domaine touristique. Elle s'inscrit dans le cadre du processus de normalisation des relations avec Ankara, après huit mois de crise déclenchée par le crash en novembre au-dessus de la frontière syro-turque d'un bombardier russe abattu par des F-16 turcs.

(L'essentiel/AFP)

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