Tennis - Open d'Australie – «Ce qu'il se passe est du jamais vu en Grand Chelem»
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Tennis - Open d'Australie«Ce qu'il se passe est du jamais vu en Grand Chelem»

La paire de trublions australiens Kyrgios-Kokkinakis s’est qualifiée mardi pour les demi-finales dans une ambiance folle ou scandaleuse. On vous laisse juger en vidéo.

Thanasi Kokkinakis et Nick Kyrgios dans leur meilleur rôle… Le pire avait précédé.

Thanasi Kokkinakis et Nick Kyrgios dans leur meilleur rôle… Le pire avait précédé.

AFP

«Ce qu’il se passe depuis cinq minutes est du jamais vu sur un tournoi du Grand Chelem». Visiblement un peu gêné, Todd Woodbridge - 16 titres du Grand Chelem en double - n’a trouvé que ce constat pour décrire les débordements de la Kia Arena, ce mardi matin lors de la victoire du duo Kyrgios-Kokkinakis contre la tête de série n°6, la paire Puetz-Venus. Hurlement constant entre deux services, huées, provocations, le tennis s’est transformé en jeux du cirque le temps de ce quart de finale remporté par les Australiens (7-5, 3-6, 6-3).

Ces scènes sont-elles rafraîchissantes ou scandaleuses? Même si la passion que suscitent le jeu et la personnalité de Nick Kyrgios fait du bien au tennis, une ligne rouge semble avoir été franchie ce mardi matin. Comment l’arbitre et le superviseur ont-ils pu abandonner le Néo-Zélandais Michael Venus, seul à essayer de servir face à un tel déchaînement d’adversité? De mémoire de Coupe Davis (la vraie, l’ancienne), les officiels parvenaient toujours à préserver un fil de respect envers l’adversaire.

«Avec tout ce que les Australiens ont enduré ces derniers mois, je crois qu’ils ont besoin de s’enflammer. Ça leur fait du bien de voir des compatriotes gagner, souriait Nick Kyrgios une fois la température retombée. Alors on joue pour eux. On veut faire le show pour eux. Leur plaisir est plus important que notre résultat». L’argument fait sens. Mais faut-il à ce point que «le plaisir» des uns soit entièrement destiné à perturber la concentration des autres?

«C’était sauvage et clairement exagéré, soupirait Tim Puetz devant nos confrères allemands (il est resté très soft en anglais). L’arbitre a essayé de faire ce qu’elle pouvait. Mais comme il n’y a pas de règle précise (ndlr: en Coupe Davis, l’attitude du public pouvait provoquer un avertissement contre le joueur), elle était désemparée. Après, je comprends que le tennis soit un divertissement et je l’accepte. Mais on est allé trop loin aujourd’hui». Et l’Allemand de détailler sa pensée sur Nick Kyrgios: «Il évolue sur une lame de couteau. Souvent, il est un showman et je trouve cela positif. Mais ce qu’il fait entre deux services adverses, ce n’est plus pour amuser ou pour faire rire. C’est un manque de sportivité.
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(L'essentiel/Mathieu Aeschmann)

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