Santé au Luxembourg – «Certains traînent le Covid 18 mois après l’infection»
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Santé au Luxembourg«Certains traînent le Covid 18 mois après l’infection»

LUXEMBOURG – Le chercheur Guy Fagherazzi évoque les cas de Covid long, qui peuvent concerner chaque patient. Les connaissances manquent encore.

Parmi les symptômes persistants, la fatigue est le plus fréquent.

Parmi les symptômes persistants, la fatigue est le plus fréquent.

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Si la crise du Covid-19 semble interminable pour tout le monde, cela est particulièrement vrai pour ceux qui subissent un Covid long. Un bilan du projet-pilote sur la structure lancée l’an dernier pour aider les patients concernés sera d’ailleurs présenté ce jeudi par Paulette Lenert, ministre de la Santé. «Certains patients traînent le Covid encore 18 mois après l’infection», indique Guy Fagherazzi, director of Department of Precision Health au Luxembourg Institute of Health (LIH). Avec son équipe, il s’apprête à lancer de nouveaux travaux sur le sujet.

Le chercheur a indiqué fin janvier qu’au moins 20 000 personnes au Luxembourg avaient souffert ou souffrent encore d’un Covid long depuis le début de la pandémie. Bien qu’énorme, ce chiffre «est probablement sous-évalué, car par manque de connaissance, nous n’avons pas toujours relié les symptômes d’un patient à la persistance du Covid». Certains ont même d’abord contracté le virus de manière asymptomatique, sans forcément s’en rendre compte, avant de développer les symptômes trois mois après. «Pourtant, à ce moment, la personne n’est plus positive», assure Guy Fagherazzi.

Une prise en charge encore insuffisante

La gravité diffère largement d’une personne à l’autre. «Parfois, un petit symptôme persiste longtemps. À l’autre bout de l’échelle, certains développent des complications sévères». Le chercheur a constaté que «ceux qui développent une forme grave de Covid-19 ont une plus grande probabilité de contracter une forme longue du virus». Les personnes sujettes aux comorbidités (diabète, obésité, etc.) sont donc plus touchées. Les problèmes psychologiques sont fréquents chez les malades du Covid long, «de manière directe à cause du virus ou de manière indirecte, du fait de l’errance médicale: les gens ne comprennent pas forcément d’où viennent leurs problèmes et les professionnels ne savent pas toujours quoi faire».

Les capacités d’accueil de la structure mise en place en juillet dernier «ne permettent pas de prendre en charge tous les patients, selon Guy Fagherazzi. D’ailleurs, les listes d’attente sont longues». Les patients suivent des programmes de rééducation, par exemple pour retrouver le goût et l’odorat, ou pour combattre les fatigues et les douleurs. Un accompagnement psychologique est aussi proposé. Il n’existe pas de médicament ou de traitement spécifique pour le Covid long pour le moment, mais «un schéma vaccinal complet réduit le risque de moitié», conclut le chercheur.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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