Transfert pénitentiaire – Ces prisonniers échangés sur les frontières du pays

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Transfert pénitentiaireCes prisonniers échangés sur les frontières du pays

LUXEMBOURG – Même si on est loin des scènes de films noirs ou d'espionnage, l'échange de prisonniers existe dans la vraie vie, le plus souvent sur les frontières.

Les échanges de prisonniers avec la France se font au poste-frontière de Zoufftgen.

Les échanges de prisonniers avec la France se font au poste-frontière de Zoufftgen.

Julien Garroy

«Un meurtrier de 67 ans a été remis aux autorités luxembourgeoises au poste-frontière de Wasserbillig. En échange, un Grec de 46 ans a été remis à la police fédérale allemande». Ce qui s'apparente fortement à une scène de polar s'est effectivement déroulé en janvier dernier. Car les «échanges de prisonniers» sont aujourd'hui encore d'actualité. Et conservent une part de mystère.

Interrogée par L'essentiel, la police grand-ducale n'a pas souhaité «fournir de chiffres exacts». Il n'en demeure pas moins qu'en moyenne, les autorités luxembourgeoises accueillent environ deux détenus par semaine, soit à l'aéroport du Findel, soit directement à la frontière lorsqu'ils arrivent en provenance d'un pays voisin. Les échanges avec la Belgique se font depuis des années au poste-frontière de Sterpenich, ceux avec les autorités françaises ont lieu à Zoufftgen et les transfèrements pénitentiaires avec l'Allemagne se déroulent, depuis 1996, à Wasserbillig.

«Pas comme au cinéma»

Mais comment se déroulent ces échanges de prisonniers plus de 30 ans après la fin de la guerre froide? À en croire Stefan Döhn, porte-parole de la police fédérale allemande de Trèves, ils sont loin de se passer «comme au cinéma». Le fait que les échanges se fassent par fourgons cellulaires aux postes-frontières s'explique par les compétences territoriales des pays respectifs, les droits des agents de police restant très limités à l'étranger.

Malgré la routine, chaque transfert implique une «préparation minutieuse», comme le rapporte une porte-parole de la police grand-ducale. Outre les formalités administratives habituelles, il faut s'occuper des aspects pratiques, tels que l'achat de billets d'avion, et tenir compte des réglementations des pays de destination. Si les détenus présentent un risque accru de fuite, les mesures de sécurité doivent être renforcées en conséquence. «Aucun transfert ne ressemble à un autre», dit-elle. Si ce n'est qu'ils ne sont plus réalisés dans la brume matinale par des hommes en imperméable.

(Michael Aubert/L'essentiel)

Une cinquantaine de prisonniers d'Allemagne

Selon ses propres informations, la police fédérale allemande de Trèves a extradé une cinquantaine de personnes vers le Luxembourg l'an passé et en a réceptionné à peu près autant en provenance du Luxembourg. Selon le ministère de la Justice, le Grand-Duché a renvoyé 20 détenus vers la France en 2020 et en a réceptionné 11.

À ce jour, L'essentiel n'a reçu aucun retour des autorités belges à ce sujet.

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