Images de stars volées – «Cet acte est une forme d'agression sexuelle»

Publié

Images de stars volées«Cet acte est une forme d'agression sexuelle»

Le vol de grande ampleur de photos de célébrités nues, postées sur la Toile, peut être assimilé à une forme de harcèlement en ligne voire plus, avec des traumatismes à la clé, selon une psychothérapeute.

Pour Judi Bloom, la fuite de photos dénudées «est une forme d'agression sexuelle et une manière de transformer les femmes en objets» pour les «prédateurs sexuels». Ce n'est pas aussi «traumatisant qu'une vraie agression sexuelle» mais ces actes «font des dégâts, car les individus touchés se voient victimes d'une invasion totale de leur vie privée». Après la diffusion illégale dimanche par un pirate informatique des photos privées et dénudées de dizaines de célébrités dont Rihanna, Jennifer Lawrence, Kate Upton, ou Kirsten Dunst, certaines voix ont ironisé sur les réseaux sociaux sur le thème: «Ces actrices ne sont guère plus habillées sur ces photos que dans les magazines».

@LivElizabethh déclarait ainsi «Kate Upton est en colère que ses photos aient fuité… J'imagine parce qu'elle n'a pas été payée pour elles». Une éditorialiste du LA Times, Robin Abcarian, affirme aussi: «Si vous ne voulez pas que des gens voient votre corps nu, ne posez pas pour des photos». Mais de nombreuses voix s'élevaient pour défendre les victimes de ce vol massif de photos personnelles, l'un des plus importants jamais connus. L'actrice Emily Watson a ainsi twitté: «Pire encore que de voir la vie privée de femmes, violée sur les réseaux sociaux, c'est de lire les commentaires qui montrent si peu d'empathie». L'actrice et créatrice de la série TV à succès «Girls», Lena Dunham, a dénoncé «non pas un piratage mais une agression sexuelle», ajoutant: «Dire "ne prenez pas de photos de vous si vous ne voulez pas qu'elles se retrouvent sur Internet", c'est comme dire "elle portait une jupe courte"» pour justifier un viol.

Sonner l'alarme pour les plus jeunes

Des dizaines d'internautes appelaient à ne pas cliquer sur les liens montrant les photos, affirmant que c'est perpétrer ce crime sexuel. Il y a deux ans, l'auteur d'un vol similaire de photos personnelles de célébrités diffusées sur la Toile, dont celles de Scarlett Johannson et Mila Kunis, avait été condamné à dix ans de prison. D'après le site d'information sur les célébrités TMZ, l'actrice et ex-gymnaste olympique McKayla Maroney était mineure sur certaines photos diffusées dimanche. Le LA Times affirme, citant des sources anonymes, qu'une plainte contre l'auteur du piratage pourrait reposer sur des accusations de pédopornographie. Le bureau du FBI de Los Angeles et celui du procureur n'ont fait aucun commentaires, arguant que l'enquête se poursuit.

Pour Judi Bloom, engager des poursuites est «une façon de reprendre le pouvoir» dans une affaire où l'on peut se sentir impuissant et sali. Cette affaire doit selon elle sonner l'alarme, «particulièrement pour les plus jeunes qui envoient des photos d'elles-mêmes dénudées à leurs petits amis», sur le fait que «tout ce qu'ils mettent sur Internet peut se retrouver envoyé à tout le monde». Les parents, affirme-t-elle, se doivent aujourd'hui d'avertir leurs enfants sur ces dangers. Preuve de l'effet traumatique de photos volées, les exemples abondent de photos de jeunes filles plus ou moins dénudées sur les réseaux sociaux, rediffusées à leur insu sur des sites Internet à caractère pornographiques, ou de cas de cyber-harcèlement.

Un cas qui avait particulièrement ému l'Amérique est celui de Jessica Logan, qui s'est pendue à 18 ans en 2008 après qu'une photo d'elle, nue, qu'elle avait prise et envoyée à son petit ami, eut été envoyée à des centaines d'adolescents de lycées de la région de Cincinnati, après qu'elle a rompu avec lui. Hope Sitwell, 13 ans, s'est aussi pendue pour des raisons similaires, l'année d'après. Les jeunes hommes ne sont pas à l'abri, en particulier les homosexuels: un cas particulièrement marquant est celui de Tyler Clementi, un brillant étudiant de 18 ans, qui s'est jeté d'un pont de New York en 2010, après que son camarade de chambre a fait circuler une vidéo prise à son insu où on le voyait avec un amant.

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion