Plagiat de Xavier Bettel – «Cette affaire porte un coup à l'image du Luxembourg»
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Plagiat de Xavier Bettel«Cette affaire porte un coup à l'image du Luxembourg»

LUXEMBOURG/NANCY - Alors que le Premier ministre, accusé de plagiat, a demandé à ce que l’Université de Lorraine lui retire son DEA, la classe politique réagit.

Les suites de l'affaire du plagiat de Xavier Bettel n'ont pas manqué, mardi, de faire réagir auprès de L'essentiel la classe politique luxembourgeoise.

Les suites de l'affaire du plagiat de Xavier Bettel n'ont pas manqué, mardi, de faire réagir auprès de L'essentiel la classe politique luxembourgeoise.

Editpress

À la suite d’une enquête de nos confrères de Reporter, qui accusaient le Premier ministre d’avoir copié-collé des parties entières de son mémoire de Diplôme d'études approfondies (DEA) en Droit public et Sciences politiques en 1998, l’Université de Lorraine avait ouvert une enquête, dont les conclusions ont été publiées mardi. Le Premier ministre a demandé à ce que l’Université lui retire son DEA, l'établissement voulait simplement qu'il le corrige.

Une «affaire» qui n'a pas manqué de faire réagir auprès de L'essentiel la classe politique luxembourgeoise.

1. Claude Wiseler (CSV)

«Un Premier ministre qui demande à se voir retirer son diplôme car il risquerait de le perdre, c'est du jamais vu.
Le cas de l'étudiant Bettel ne m'intéresse pas. Cette affaire porte un coup à l'image internationale du Luxembourg, ce n'est pas bon pour le pays. De plus, un Premier ministre se doit d'être une personne exemplaire auprès de la jeunesse.

Comment M. Bettel peut-il désormais expliquer à des élèves, ou à des étudiants, qu'il faut travailler correctement? Il perd en crédibilité. Enfin, cela est révélateur de la superficialité du Premier ministre dans son traitement des dossiers.
Xavier Bettel doit-il démissionner? La majorité doit tirer des conclusions de cette affaire».

2. Josée Lorsché (Déi Gréng)

«Je respecte la décision de M. Bettel. C’est à lui de prendre ses responsabilités. Je salue le fait qu’il ait présenté ses excuses, il prouve ainsi qu’il veut mettre fin à cette situation et qu’il accepte le verdict de l’Université. Je prends note, mais je n’ai guère de sentiments à ce sujet car je ne suis pas du tout concernée».

3. Sven Clement (Pirates)

«Je trouve la conclusion de l’Université un peu rigolote: si Xavier Bettel corrige le tir, on acceptera son travail. C’est une grande faveur. Je crois que l’Université lui a fait un cadeau à l’époque, où il était déjà politicien, et elle lui fait encore un plus grand cadeau aujourd’hui. Peut-être aussi pour protéger son professeur de l’époque. De mon temps, un étudiant qui aurait plagié comme ça, on l’aurait renvoyé à la maison, tout simplement.

Maintenant, la réponse de Xavier Bettel comme quoi "je n’ai rien fait de mal, mais je demande le retrait de mon DEA", montre que soit il accepte la décision, soit qu’il n’a pas compris l’importance des études».

4. Nathalie Oberweis (Déi Lénk)

«C’est toujours difficile de commenter la décision d’une Université. Mais j’avoue que la formulation, dans les conclusions, d’un «travail de compilation» est très curieuse. C’est presque un aveu comme quoi ce travail n’est pas très sérieux. Mais c’est difficile de commenter vu que je ne connais pas le fond du dossier. Maintenant, je constate que M. Bettel a décidé de demander le retrait de son DEA. C’est un aveu de sa part, tout simplement, et cela dit beaucoup de choses sur sa manière de travailler.

Mais je ne m’autoriserai pas à saluer ou à ne pas saluer sa décision, car il l’a prise en tant que personne privée, pas dans sa fonction de Premier ministre. Elle n’a donc pas d’impact politique».

5. Fernand Kartheiser (ADR)

«Tout cela est un peu surprenant. Pour l’Université, je dirais que c’est une petite liberté qui la dévalorise elle-même, en disant que c’était la pratique de l’époque. Mais je ne suis pas là pour juger les instances académiques, c’est plus le côté de notre Premier ministre qui m’intéresse. Je trouve la conclusion de M. Bettel juste car il admet sa faute. Il envoie un signal fort en renonçant à son DEA.

Reste encore maintenant à éclaircir le fait de savoir s’il a bénéficié d’un avantage matériel sur base de ce diplôme. Y a-t-il eu utilisation abusive d’un avantage ou pas? Comme par exemple la réduction de la durée d’un stage, chose fréquente dans les administrations gouvernementales. Cela a peut-être joué lors de son inscription au Barreau, je ne sais pas. Cela reste à voir».

(L'essentiel/Jean-François Colin et Olivier Loyens)

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