Au Luxembourg – Cette drogue qui échappe aux saisies
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Au LuxembourgCette drogue qui échappe aux saisies

LUXEMBOURG - Effectuée pour la première fois au Luxembourg, l’analyse des résidus de drogue dans les eaux usées offre un regard nouveau sur la consommation au niveau local.

Les analyses effectuées par le LNS confirment l'importance de la consommation de cocaïne au Luxembourg.

Les analyses effectuées par le LNS confirment l'importance de la consommation de cocaïne au Luxembourg.

C’est une étude qui n’avait encore jamais été réalisée au Luxembourg, mais que de nombreuses villes européennes ont déjà mise en pratique. L’analyse des résidus de drogue dans les eaux usées donne un regard complètement différent sur les habitudes de consommation de la population résidente.

Une photographie à un instant T, en l’occurrence quatre jours du début de l’été en juin 2018, dans la station d’épuration de Pétange, où des échantillons ont été prélevés et analysés par le Laboratoire national de santé (LNS). «Ces résultats sont complémentaires aux saisies de la police et des douanes et aux statistiques du centre Abrigado», note Adèle Bourmaud, responsable technique au LNS. Ainsi, la méthamphétamine qui n’apparaît jamais (ou presque) dans les données des autorités est bel et bien consommée par une partie de la population. Dans des proportions moindres que le reste de l’Europe, mais tout de même.

Le Luxembourg, gros consommateur de cocaïne

L’étude confirme aussi l’envergure du marché de la cocaïne au Luxembourg, la drogue dite «dure» la plus consommée dans le pays. Avec 541 mg par jour pour 1 000 habitants, Pétange et les alentours se trouvent dans la moyenne haute au niveau européen. Loin du record de Bristol en Angleterre (892 mg/jour sur 1 000 habitants), mais assez largement devant Paris ou encore Munich. Ecstasy et MDMA sont également plus ingérées au Luxembourg que dans le reste de l’Europe.

À noter qu’aucune conclusion n’a pu être tirée quant à la consommation de cannabis et d’héroïne, en raison de la dégradation élevée de ces produits, dans les eaux usées.

Des prélèvements dans les festivals

Les professionnels se sont en revanche penchés sur les jours de consommation. Et là aussi, les résultats sont révélateurs. La prise de cocaïne progresse lentement tout au long de la semaine, l’ecstasy atteint sans surprise son pic durant le week-end, alors que les amphétamines sont principalement consommées en milieu de semaine. «Il est possible qu’il s’agisse d’une drogue davantage utilisée par les gens qui travaillent, même si l’étude n’est qu’un indice», reconnaît Adèle Bourmaud.

Un indice qui pourrait être largement enrichi au fil des années, avec la perspective de nouvelles analyses dans d’autres stations d’épuration. Des prélèvements ponctuels pourront même être effectués lors de festivals au Luxembourg.

(Thomas Holzer/L'essentiel)

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