Impact sur le secteur bancaire: Cette flambée des prix «ne va pas disparaître dans l'immédiat»
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Impact sur le secteur bancaireCette flambée des prix «ne va pas disparaître dans l'immédiat»

LUXEMBOURG/MONDE – La remontée des taux d'intérêt ne sera bénéfique aux banques que si l'inflation est rapidement contenue, selon une étude publiée jeudi par un cabinet de conseil en stratégie.

La remontée des taux d'intérêt ne sera bénéfique aux banques que si l'inflation est rapidement contenue, selon une étude publiée jeudi par le cabinet Oliver Wyman, une hypothèse de moins en moins probable. Les travaux du conseil en stratégie s'appuient sur trois scénarios et détaillent leurs conséquences plus ou moins favorables pour le secteur bancaire. Le premier, surnommé «atterrissage en douceur», qui voit les banques centrales réussir à contenir l'inflation sans obérer la croissance, est le plus favorable aux acteurs bancaires.

Les banques bénéficieraient notamment de marges accrues du fait de taux d'intérêt en hausse et d'une production de crédits toujours forte. Le coût du risque devrait quant à lui rester raisonnable. Mais cette option est de moins en moins probable, estiment les auteurs de l'étude. «La guerre en Ukraine met un peu plus de pression» sur l'inflation à court terme, a expliqué Elie Farah, responsable de la division services financiers France chez Oliver Wyman.

Plusieurs scénarios

L'inflation luxembourgeoise a par exemple atteint 6,8% en mai, selon les chiffres du Statec, quand celle de la zone euro a atteint 8,1% sur un an le même mois, d'après Eurostat. «Des facteurs structurels, tels que la nécessité de bouger vers des énergies qui ne sont pas forcément très bon marché» laissent à penser que «cette inflation n'est pas juste quelque chose qui va disparaître dans l'immédiat», reprend M. Farah. La Banque centrale européenne (BCE) table pour l'instant sur une hausse des prix de 6,8% en 2022, puis de 3,5% en 2023 et 2,1% en 2024. Le Grand-Duché s'en sort un peu mieux avec 6,8% pour 2022 et 2,3% en 2023

M. Farah appelle donc les banques à regarder plus en détail le second scénario, bâti sur une inflation mal contrôlée dans un premier temps et une réponse plus agressive des banques centrales «au prix d'un ralentissement de la croissance économique en 2023-24, d'une volatilité des devises et d'une perturbation des échanges internationaux». Les banques verraient alors le coût du risque augmenter de même que leurs dépenses courantes.

Le dernier scénario agite le spectre de la stagflation, une période prolongée de croissance faible et d'inflation élevée qui pénaliserait «sévèrement» le secteur bancaire. Une politique monétaire plus resserrée de l'autre côté de l'Atlantique pourrait également conduire à des arbitrages d'investisseurs institutionnels en faveur des États-Unis, «ce qui peut avoir des conséquences plus néfastes pour les banques et l'économie», avertit M. Farah.

(AFP)

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