Chantal Sébire ne sera pas euthanasiée en France
Le procureur de la République de Dijon a requis «l'irrecevabilité de la requête» de Chantal Sébire, qui a demandé à la justice le droit de mourir.

Chantal Sébire ne bénéficiera pas de la loi française sur la fin de vie. Ainsi en a décidé vendredi le procureur de la République de Dijon. (afp)
Le jugement a été mis en délibéré au lundi 17 mars. "Le ministère public a requis l'irrecevabilité de la requête en l'état actuel de la loi" (loi sur la fin de vie du 22 avril 2005, ndlr), a déclaré Etienne Daures, procureur général près la cour d'appel de Dijon.
Mme Sébire, 52 ans, défigurée et rendue aveugle par une maladie incurable, a demandé mercredi à la justice le droit d'être euthanasiée par un de ses médecins. Cette mère de trois enfants a appris en 2002 qu'elle était atteinte d'une "esthesioneuroblastome", une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale. Une maladie très rare dont l'évolution provoque une déformation spectaculaire et irréversible du visage et des souffrances "atroces", selon Mme Sébire.
Première requête de ce genre en France
Cette requête "est une première pour le monde judiciaire, mais nous ne demandons que l'application de la loi du 22 avril 2005 sur les droits des malades, dite Loi Leonetti", assure son avocat, Me Gilles Antonowicz. Or cette loi tend à instaurer un droit au "laisser mourir", sans permettre aux médecins de pratiquer une euthanasie active.
Selon Jean Leonetti, député UMP, auteur de cette loi, "la requête de Chantal Sébire n'entre pas dans le cadre de la loi. C'est une demande de suicide assistée, pas une demande d'accompagnement de fin de vie", avait indiqué jeudi le député des Alpes-Maritimes. "La loi autorise l'utilisation de sédatifs, de calmants et d'antalgiques à des doses nécessaires pour supprimer toutes douleurs physiques ou morales, même si l'utilisation de ces médicaments abrègent la vie. Or Mme Sébire refuse les sédatifs. Elle demande qu'on lui donne la mort", a précisé M. Leonetti.
Le conseiller santé du président Nicolas Sarkozy, auquel Mme Sébire a écrit, lui a proposé "qu'un nouvel avis soit donné sur son cas par un collège de professionnels de la santé du plus haut niveau pour que l'on s'assure ensemble que toutes les ressources de la médecine sont épuisées". De son côté, la garde des Sceaux Rachida Dati s'est montrée plus péremptoire: "Je considère que la médecine n'est pas là pour administrer des substances létales."
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