Tour de France – Cheng Ji, premier coureur chinois sur le Tour
Publié

Tour de FranceCheng Ji, premier coureur chinois sur le Tour

Seul représentant de la Chine sur la Grande boucle, le coureur de l'équipe Giant-Shimano est un ambassadeur.

L'apprentissage est difficile pour le Chinois, qui pointe à la dernière place du classement général. (photo: afp)

L'apprentissage est difficile pour le Chinois, qui pointe à la dernière place du classement général. (photo: afp)

Cheng Ji, coureur de l’équipe Giant-Shimano, n’est plus un inconnu dans le monde du vélo, puisqu’il a déjà participé à une Vuelta et à un Giro avant de se lancer dans la Grande Boucle cette année. En plus d’un coureur dur au mal et d’un équipier exemplaire, Cheng Ji demeure le produit d’un projet économique à long terme de l’équipe néerlandaise. Les deux firmes ont ­senti que la Chine représentait un immense marché. Il leur fallait un ambassadeur.

Leur choix s’est porté sur un champion de course à pied, passé au guidon en 2002. À 27 ans, Cheng Ji se sent bien dans son rôle. «Durant les premières étapes, j’étais vraiment nerveux, a reconnu celui qui est déjà désigné comme un tueur d’échappées grâce à ses qualités d’infatigable rouleur. Mais depuis lors, j’ai appris à apprécier. Le Tour est la plus grande course du monde et c’est parfois mouvementé».

La présence du Chinois sur les routes de France se justifie aussi sportivement. Après une visite en Chine, l’équipe a ramené des athlètes confirmés aux Pays-Bas pour les transformer en pros du vélo. Cheng Ji a été le seul à surmonter les barrières de la langue et de la culture. «Quand je suis arrivé, tout était nouveau, s’est souvenu le natif de Hanin. J’ai dû tout apprendre. Dans le team, ils croient en moi, ils me font confiance pour que je continue de m’améliorer». Son objectif est double: «Faire gagner mes coéquipiers et terminer le Tour».

«Le cyclisme grandit tous les jours en Chine, selon Xin Wang, journaliste chinoise à la télévision CCTV. Cela n’est évidemment pas encore comparable avec ce que l’on peut voir en Europe, mais ça devient de plus en plus populaire. Cheng Ji est un symbole pour tout le cyclisme chinois dans le monde entier, un ambassadeur. Il va sûrement susciter des vocations dans notre pays. La Fédération chinoise organise de plus en plus de courses professionnelles en Chine, le Tour de Pékin et le Tour de Chine par exemple. Nous invitons beaucoup de coureurs ­européens. Il y a une influence notable sur les jeunes».

«On remarque que de plus en plus d’adolescents s’y mettent, reprend Xin Wang. Au niveau médiatique, cela fait 12 ans que nous couvrons le Tour, mais Cheng Ji amène une touche vraiment spéciale pour nous cette année. Dans toutes ces contrées, le Tour de France apparaît à la télévision. Sur les 100 chaînes qui retransmettent la Grande Boucle, 60 le font en direct. On évalue que 3,5 milliards de téléspectateurs ont regardé au moins une étape de l’édition 2013».

(L'essentiel/Jean-Philippe Pressl-Wenger)

Ton opinion