Luxembourg – Chez les Pjanic, Mirza mixe le foot, la finance et la tech

Publié

LuxembourgChez les Pjanic, Mirza mixe le foot, la finance et la tech

LUXEMBOURG - Jeune frère de Miralem, le Schifflangeois Mirza Pjanic a lancé une communauté autour de stars du foot.

Mirza et Miralem Pjanic (au centre) contribuent au projet.

Mirza et Miralem Pjanic (au centre) contribuent au projet.

Dans la famille Pjanic, je demande le petit frère. Mirza, 22 ans, étudiant en école de commerce. Déjà très éloquent. Pendant que Miralem éclaire les pelouses de Turquie après avoir illuminé celles de France, d’Italie ou d’Espagne, son frère jongle avec la cryptomonnaie et les NFT (jetons non fongibles), des certificats numériques qui valident l’authenticité d’un objet virtuel. Son terrain de jeu, la finance. Mais chez les Pjanic, le foot n’est jamais loin.

Alors en novembre dernier, le jeune homme, élevé à Schifflange et passé par le Lycée Athénée de Luxembourg, a lancé Ludo Labs, avec quatre associés et l’appui de Miralem. Pour faire (très) simple, ce site vise à créer une communauté, un club, et «retisser un lien direct entre des footballeurs et leurs fans», explique Mirza. En toile de fond, l’explosion des NFT. «Quand Miralem était enfant, il aurait adoré pouvoir échanger avec Zidane ou Ronaldinho. Le foot avait changé, c'était devenu impossible», raconte le petit frère.

La communauté compte déjà 6 000 followers dont des membres premium qui ont acheté un NFT, une image, qui leur ouvre un accès privilégié à des stars du foot. Des 3 500 «cartes» éditées au lancement, un millier ont déjà été vendues, pour environ 350 euros l’unité. Leur valeur évolue comme sur les marchés.

«Les joueurs adorent le concept et jouent le jeu»

Les illustrations ont été imaginées par l’artiste serbe Bokkaboom. Elles plongent les étoiles du foot partenaires rémunérées de Ludo Labs dans des univers de hip-hop, de jeux vidéo ou de culture urbaine. Pjanic (Besiktas) et Paulo Dybala (Juventus), Edin Dzeko (Inter), Patrice Evra (ex-Manchester United), Mahmoud Dahoud (Dortmund) ou encore Diogo Dalot (Manchester United) y prennent les traits d’un gladiateur, d’un personnage de Street Fighter ou de Dragon Ball Z. «Des héros», résume Mirza qui enchaîne: «Les joueurs, Miralem le premier, adorent le concept et jouent le jeu».

Ils proposent régulièrement des discussions en ligne avec les fans ou des concours. Qui pourra reproduire en vidéo le plus beau coup franc de Pjanic? Qui aura la plus belle photo de fan avec Dalot? En jeu: des récompenses comme des rencontres «en vrai» avec un joueur, un maillot signé, ou une invitation pour un match de la Juventus ou Manchester.

S’il est conscient des dangers pour les jeunes liés aux spéculations sur les NFT, Mirza souligne qu’il «ne s’agit pas du tout d’un projet spéculatif» et que Ludo Labs dispose de l’appui de stars mondiales. Et entend «proposer des expériences inédites à nos collecteurs». Pour la suite, Mirza ne manque pas d’idées. Ludo Labs devrait vite élargir son panel de joueurs, atteindre d’autres sports ou encore développer un jeu vidéo. Et pourquoi pas, un jour, investir dans un vrai club de foot. «Par exemple de D3 anglaise. Les détenteurs de NFT seraient copropriétaires».

(Nicolas Martin/L'essentiel)

Ton opinion