Emploi au Luxembourg: Un chômeur sur six risque de le rester plus d'un an

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Emploi au LuxembourgUn chômeur sur six risque de le rester plus d'un an

LUXEMBOURG – Sur six demandeurs d'emploi qui s'inscrivent à l'ADEM, au moins un risque d'être encore au chômage douze mois plus tard. Un «chômage de longue durée» qui a tendance à baisser mais est encore très présent.

par
Nicolas Chauty

À la rentrée de septembre dernier, 6 500 personnes au Luxembourg étaient inscrites à l'ADEM depuis au moins un an. Des chômeurs «de longue durée» qui représentaient alors presque la moitié (46%) des demandeurs d'emploi résidents disponibles. Selon une étude, le phénomène s'est intensifié au cours des quinze dernières années au Luxembourg. «Le nombre de chômeurs de longue durée a été multiplié par 2,2», écrit le rapport coordonné par le Réseau d'études sur le travail et l'emploi au Luxembourg (RETEL) et commandé par le ministère du Travail.

Pour faire simple, 16% des nouveaux inscrits à l'ADEM risquent de devenir des chômeurs de longue durée. «Un demandeur d'emploi sur six», confirme l'étude dont l'objectif affiché est de «mieux comprendre le phénomène». Les chômeurs de longue durée ont pris, «petit à petit, une part de plus en plus importante dans le nombre d'inscrits à l'ADEM» même si on observe, depuis 2021, une tendance à la baisse.

Risque plus grand pour ceux qui ont eu un emploi de longue durée

La dynamique du marché du travail et les pénuries de main-d'œuvre actuelles font que «depuis janvier 2021, le nombre de chômeurs de longue durée baisse et depuis avril 2022, il diminue même plus vite que le nombre de demandeurs d’emploi», relativisent les auteurs de l'étude. Reste que le profil des travailleurs concernés inquiète. Le risque d'un chômage de longue durée est paradoxalement plus grand pour ceux qui ont connu, avant d'être au chômage, un emploi de longue durée.

«Une éventuelle obsolescence des compétences (…) du fait de l'automatisation ou de la digitalisation» pourrait être une explication au phénomène. S'y ajoutent «le manque d'adaptabilité» et les «exigences élevées». Sur cette base, le ministère du Travail promet de mieux prédire «quasiment en temps réel», selon le profil individuel lors de l'inscription à l'ADEM, le risque de chômage de longue durée pour «une meilleure prise en charge».

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