Afghanistan – Cinq soldats français tués dans un attentat

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AfghanistanCinq soldats français tués dans un attentat

La France a subi mercredi, avec la mort de cinq de ses soldats en Afghanistan dans un attentat suicide, son plus grave revers dans ce pays depuis l'embuscade d'Uzbin (dix morts en août 2008).

L'attaque intervient au lendemain de la visite de Nicolas Sarkozy. (AFP)

L'attaque intervient au lendemain de la visite de Nicolas Sarkozy. (AFP)

Cinq soldats français et un civil afghan ont été tués mercredi, dans un attentat suicide commis lors d'une assemblée de notables dans la vallée de Tagab dans la province de Kapisa (nord-est de Kaboul), a indiqué la présidence de la République.

«Un terroriste a déclenché sa bombe à proximité des soldats français, blessant grièvement quatre autres soldats français et trois civils afghans», écrit l'Élysée dans un communiqué. À Kaboul, les talibans ont aussitôt revendiqué l'attentat. Selon une source militaire, au moins un des cinq tués fait partie du 1er Régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers (Ariège).

En six mois, le bilan s'est dramatiquement aggravé pour les forces françaises. Dix-sept soldats français sont morts dans le pays depuis le début de l'année, soit près du quart des 69 militaires qui y ont trouvé la mort depuis le déploiement des forces de l'OTAN, après les attentats du 11 septembre 2001. 2011 est déjà l'année la plus meurtrière pour les forces françaises depuis le début du conflit.

4 000 soldats présents

La plupart des soldats tombés en Afghanistan ont été victimes d'IED, les engins explosifs improvisés, ou tués lors d'accrochages avec les insurgés dans les vallées de l'est du pays, proches du Pakistan. Une région montagneuse qui reste un bastion des talibans, malgré le renforcement de la présence française sur le terrain. Depuis le printemps, deux compagnies, soit 200 à 300 hommes, sont maintenues en permanence au contact de la population, pour empêcher le retour des insurgés dans les zones où sont déployés les Français. L'objectif est de marquer des points contre les rebelles avant le début du retrait des forces internationales. Et Paris s'apprête à transférer aux autorités afghanes la sécurité du district de Surobi, à l'est de Kaboul, pour concentrer ses forces en Kapisa. Mais le prix à payer est de plus en plus lourd pour les forces françaises.

En 2008, l'embuscade d'Uzbin avait fait prendre conscience aux Français que leur pays était engagé dans un conflit meurtrier. L'attentat suicide de mercredi vient rappeler qu'un début de retrait ne signifie pas la fin du conflit et que les prochains mois risquent d'être difficiles pour les Français. Il intervient en effet au lendemain de la visite-surprise du président de la République en Afghanistan, durant laquelle Nicolas Sarkozy a annoncé que la France retirerait d'ici fin 2012 1 000 de ses 4 000 soldats présents dans le pays. Selon lui, fin 2014, «il n'y aura plus d'unités combattantes dans ce pays».

(L'essentiel Online/AFP)

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