Discours de Zelensky au Luxembourg: Comme l'Ukraine, le Luxembourg a connu l'agression «d'un voisin plus grand»

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Discours de Zelensky au LuxembourgComme l'Ukraine, le Luxembourg a connu l'agression «d'un voisin plus grand»

LUXEMBOURG/KIEV – Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a demandé jeudi au Luxembourg de renforcer son soutien à son pays, lors d’un discours devant la Chambre des députés.

par
Joseph Gaulier
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© Editpress/Julien Garroy

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«Je suis reconnaissant à votre gouvernement de sa décision historique d’aider notre pays». Volodymyr Zelensky s’est déclaré «très honoré» au moment de s’exprimer, jeudi matin en visioconférence, devant la Chambre des députés. Un écran géant avait été installé juste derrière le perchoir, obligeant son locataire habituel, Fernand Etgen, à s’asseoir sur le banc du gouvernement. L’ambiance était très solennelle, le caractère historique du moment palpable. Le président ukrainien, toujours grave et impassible, s’est essayé au luxembourgeois: «Vous avez une sage devise, "mir bléiwen wat mir sinn", qui est d’actualité, car nous nous battons pour ce que nous sommes».

À distance face aux députés, ministres, ambassadeurs et membres de la presse, il a ensuite dressé un bilan implacable de la situation dans son pays. «Nous luttons depuis bientôt 100 jours, mais la guerre a débuté en 2014, quand l’armée russe a occupé la péninsule de Crimée et un tiers du Donbass». Pendant ces années, «l’Ukraine a perdu 14 000 militaires et 43 000 m²» de territoire. «Mais la Russie ne s’est pas arrêtée là avec sa barbarie! Elle a occupé 3 600 localités ukrainiennes, dont un millier sont maintenant libérées. Cependant, 20% du territoire reste sous occupation, souillé par des mines et des obus non explosés», a développé le président, vêtu d’un polo vert kaki. Il a aussi évoqué les villes détruites, comme Marioupol, «un champ de ruine».

L'intervention de Zelensky à la Chambre des députés

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Le Luxembourg «ne s’opposera pas à une candidature de l'Ukraine à l'UE»

À deux reprises, Volodymyr Zelensky a fait un parallèle avec la Seconde Guerre mondiale: «Cela rappelle la menace nazie qui a pesé sur l’ensemble du monde». Plus tard, Xavier Bettel lui répondra que «un destin qu'un voisin plus grand essaye de vous imposer, c'est quelque chose que nous avons connu ici aussi…». Sur un volet diplomatique, Zelensky a expliqué «compter sur le soutien des partenaires européens». Il a longuement remercié le Luxembourg pour son aide «sans bureaucratie inutile mais avec votre grand cœur». Il a bien sûr appelé à livrer davantage d’armes et à renforcer les sanctions contre la Russie, ainsi qu’à prévoir la manière de juger les responsables.

«L’Ukraine est devenue de facto membre de l’UE. Elle prouve par son action qu’elle défend les valeurs de l’Union», a lancé Zelensky. Ce à quoi Xavier Bettel, Premier ministre luxembourgeois, a rétorqué qu’il «n’existait pas de procédure accélérée», tout en précisant que le Luxembourg «ne s’opposerait pas à une candidature». «Au cas où la Commission met des conditions, nous ferons tout pour que vous puissiez les remplir le plus vite possible», a lancé le dirigeant libéral.

Bettel a d’ailleurs loué le discours de Zelensky, réaffirmant «la solidarité du Luxembourg vis-à-vis de l’Ukraine». Il a rappelé les mesures déjà prises, dont l’envoi d’armes et de matériel médical. Il a aussi invité le président ukrainien à «parler aussi aux parlements africain et sud-américain, car un narratif russe s’installe, disant que les problèmes sont liés à l’UE». «Si vous pensez que je peux faire quelque chose pour aider l’Ukraine, je vais le faire», a lancé Xavier Bettel. Les deux dirigeants ont terminé leur discours par les deux mêmes mots: «Slava Ukraini» (gloire à l’Ukraine), accueillis par des applaudissements nourris.

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