Bettel à l'ONU: «Commencer une guerre est facile, la grandeur c'est de la terminer»

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Bettel à l'ONU«Commencer une guerre est facile, la grandeur c'est de la terminer»

NEW YORK/LUXEMBOURG – À la tribune de l'ONU, le Premier ministre Xavier Bettel a renouvelé son appel pour la fin de la guerre en Ukraine.

par
Jérôme Wiss

«Il est déjà trop tard. Ce qui s'est passé est impardonnable. Mais cessez le feu, arrêtez de tuer des innocents». Xavier Bettel a lancé un appel à la fin de la guerre, vendredi à la tribune des Nations unies, lors de son discours à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'est adressé directement aux représentants russes, présents, tête baissée, dans la salle.

«Je ne sais pas comment le président Poutine va expliquer à des mères qu'elles vont perdre des fils, à des femmes qu'elles vont perdre leur époux, à des enfants qu'ils ont perdu leur père pour une guerre qui n'a aucun sens. Aucun sens», a encore dit, avec gravité, le chef du gouvernement. «C'est la première fois que je n'arrive pas à trouver de réponse, que je n'arrive pas à comprendre», a-t-il déploré.

Les référendums, un prétexte pour faire pire?

S'il «ne regrette pas d'avoir essayé» de discuter avec Vladimir Poutine, Xavier Bettel se dit «déçu du résultat». Le Premier ministre critique l'annonce de référendums dans les régions séparatistes de l'Ukraine, contrôlées par Moscou. «On ne peut pas organiser un référendum dans ces conditions. Je crains que ce ne soit une excuse pour des actions supplémentaires et pour justifier l'utilisation de forces encore plus brutales». La doctrine russe prévoit en effet l'utilisation de l'arme nucléaire pour défendre l'intégrité du territoire de la Russie, et les observateurs craignent que l'annexion de ces territoires soient un prétexte en ce sens.

Xavier Bettel a également rendu hommage aux victimes de cette guerre lancée en février par la Russie. «La guerre continue. Il y a eu 14 000 victimes civiles ukrainiennes, 1 000 enfants, des charniers, des exécutions sommaires». Autant de raisons pour que la justice internationale agisse. «Il ne peut y avoir d'impunité pour les crimes de guerre, pour les crimes contre l'Humanité, pour les génocides, pour le crime d'agression». Et de renouveler son appel à la fin des hostilités. «Commencer une guerre, c'est facile. La grandeur d'un homme politique, c'est de savoir la terminer et de vouloir s'en sortir», a-t-il lancé au président Poutine.

«Une génération qui n'a pas connu la guerre»

Sur d'autres sujets, Xavier Bettel s'est alarmé du changement climatique, certains pays membres de l'ONU risquant d'être purement et simplement rayés de la carte par la montée des mers. Il a défendu les valeurs de liberté, d'égalité portées par le Grand-Duché et s'est dit fier que le pays utilise 1% de son PIB pour l'aide au développement. Il a également rendu hommage aux femmes d'Iran.

Et, après avoir entamé son discours en rappelant qu'il faisait «partie d'une génération qui n'a pas connu la guerre, qui pensait qu'elle faisait partie des livres d'histoires», il a conclu en lançant: «J'espère que quand on se retrouvera ici l'année prochaine, les atrocités qui se passent en Ukraine feront partie de l'histoire».

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