«Paradise Papers» – Comment Lewis Hamilton et Nike échappent au fisc
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«Paradise Papers»Comment Lewis Hamilton et Nike échappent au fisc

Les révélations issues des «Paradise Papers» continuent. Le champion du monde de F1 a échappé à la TVA sur son jet et Nike a réduit au maximum son impôt en Europe.

Dix-huit mois après les «Panama papers» qui avaient révélé les mécanismes frauduleux d'évasion fiscale, les «Paradise papers» lèvent le voile sur les stratégies d'optimisation employées pour échapper à l'impôt, qui ne sont, elles, pas forcément illégales. Cette nouvelle enquête du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) s'appuie sur la fuite de 13,5 millions de documents, provenant notamment d'un cabinet international d'avocats basé aux Bermudes et d'une fiduciaire à Singapour. La reine d'Angleterre, le secrétaire américain au Commerce ou encore un proche du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, ont déjà été cités.

Ce lundi soir, les 96 médias européens impliqués dans les «Paradise Papers» développent les méthodes employées par Lewis Hamilton et Nike pour échapper au fisc. Le champion du monde de Formule 1 a ainsi mis sur pied un système financier complexe (voir vidéo ci-dessus) pour ne pas payer la TVA sur son jet privé, soit 4 millions d'euros. Pour ça, il a créé plusieurs sociétés pour acheter son Bombardier sans que son nom apparaisse et a fait immatriculer son avion sur l'île de Man, un petit paradis fiscal coincé entre l'Angleterre et l'Irlande. Le Monde affirme d'ailleurs qu'il a réitéré l'opération, pour éviter 350 000 euros de TVA sur son camping-car à 2 millions d'euros...

Quant à la multinationale Nike, elle a profité des failles du système pour réduire au maximum ses impôts en Europe. Pour ça, la société fait remonter l'argent des ventes en Europe, en Afrique ou au Moyen Orient vers les Pays-Bas. L'objectif, explique Le Monde, c'est faire de l'optimisation fiscale (voir vidéo ci-dessous) et profiter de failles de la législation. Nike y a trouvé un système lui permettant d'échapper aux impôts en Europe et aux États-Unis à la fois. En 2015, Nike a ainsi reversé à une société qu'elle a créée 895 millions d'euros en royalties pour avoir le droit d'utiliser ses propres logo et slogan. Or, ces royalties, qui restent au final dans la poche de Nike, ne sont pas imposables.

Selon les calculs du Monde et l’ICIJ, l’évasion fiscale des entreprises et des grandes fortunes coûte 350 milliards d’euros de pertes fiscales par an aux États du monde entier, dont 120 milliards pour l’Union européenne. L'ICIJ a promis des révélations quotidiennes sur les «Paradise Papers» tout au long de la semaine.

(L'essentiel)

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