Union Européenne – Commission européenne: deux candidats bloqués

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Union EuropéenneCommission européenne: deux candidats bloqués

La Roumaine Rovana Plumb et le Hongrois Laszlo Trocsanyi sont soupçonnés de conflits d'intérêts par les eurodéputés.

La présidente de la prochaine Commission européenne, Ursula von der Leyen.

La présidente de la prochaine Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Le Parlement européen a bloqué jeudi la nomination des candidats hongrois et roumain dans la prochaine Commission, en raison de conflits d'intérêts présumés. Cette situation pourrait fragiliser d'autres commissaires, dont la Française Sylvie Goulard. La social-démocrate roumaine Rovana Plumb et le Hongrois Laszlo Trocsanyi (PPE, droite) étaient auditionnés par la commission des «Affaires juridiques» du Parlement européen, chargée, selon la procédure de nomination des nouveaux commissaires, d'étudier leur déclaration d'intérêts.

Or, à l'issue de cette audition à huis clos, les eurodéputés ont refusé de leur accorder leur feu vert. Ils doivent exprimer par courrier à la présidente de la prochaine Commission européenne, Ursula von der Leyen, «leur préoccupation» en matière de conflit d'intérêts. Ce coup d'arrêt peut aller jusqu'à remettre en cause la nomination des deux candidats dans l'équipe de Ursula von der Leyen, censée entrer en fonctions, le 1er novembre.

Des prêts litigieux

Rovana Plumb, qui brigue le portefeuille des Transports, est dans le viseur du Parlement pour deux prêts litigieux. «Je suis aussi transparente que possible parce que je n'ai rien à cacher», avait-elle déclaré à la sortie de son audition, sans connaître son sort. «Nous avons dix recours possibles» pour la remplacer, a commenté le président de la Chambre des députés roumaine, Marcel Ciolacu (social-démocrate).

Laszlo Trocsanyi, qui vise lui le portefeuille de l’Élargissement, a été interrogé sur ses liens avec le cabinet d'avocat qu'il a fondé en 1991, avant de devenir ministre de la Justice de Viktor Orban. Affirmant n'avoir perçu «aucune rémunération» de ce cabinet depuis 2007, il a dénoncé «une décision politique, dépourvue de toute base factuelle». Un porte-parole du gouvernement hongrois a affirmé qu'il payait le fait d'avoir été ministre «lorsque la Hongrie a fermé les frontières aux migrants».

Sylvie Goulard, pas à l'abri

Les deux candidats ne peuvent pas, pour le moment, passer à l'étape suivante de la procédure, à savoir l'audition - prévue la semaine prochaine - par la commission parlementaire en lien avec leur portefeuille. Ils sont les seuls dans ce cas, les autres candidats ayant eux, reçu le sésame des eurodéputés. La remise en cause de ces deux candidats, une sociale-démocrate et un représentant du PPE, pourrait conduire ces deux partis à s'attaquer, en rétorsion, à un commissaire affilié aux Libéraux de Renew, le troisième grand groupe politique de l'UE. Parmi eux figure notamment le Belge Didier Reynders, visé dans son pays par une enquête sur des allégations de corruption.

Mais la Française Sylvie Goulard semble plus fragile encore, car sous le coup de deux enquêtes - l'une en France, l'autre de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) - dans l'affaire des emplois fictifs des assistants des eurodéputés Modem, qui l'avait contrainte à démissionner du gouvernement français en 2017. Elle a déjà accepté de rembourser 45 000 euros au Parlement concernant l'un de ses assistants. Des questions se posent également autour d'un emploi généreusement rémunéré pour un think tank américain quand elle était eurodéputée.

(L'essentiel/nxp/ats)

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