Juncker sur la Grèce – «Conditions réunies» pour l'aide publique

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Juncker sur la Grèce«Conditions réunies» pour l'aide publique

La Grèce a évité la faillite incontrôlée en obtenant vendredi l'accord de ses créanciers pour réduire et rééchelonner sa dette, ouvrant la voie au versement d'un deuxième prêt de l'UE et du FMI.

La Grèce échappe une nouvelle fois à la faillite et va pouvoir disposer de plus de moyens.

La Grèce échappe une nouvelle fois à la faillite et va pouvoir disposer de plus de moyens.

AFP

Les «conditions sont réunies» pour que les membres de la zone euro donnent leur approbation finale au versement du volet public de ce second plan, a annoncé dans un communiqué le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui a appelé le Fonds monétaire international à apporter une «contribution importante» à cette aide de 130 milliards d'euros au total. Au terme de neuf mois de négociations internationales ardues, la Grèce pourra compter sur l'effacement de près de 95,7% de la partie de sa dette détenue par ses créanciers privés (206 milliards d'euros sur un total de plus de 350 milliards), à condition de déclencher des clauses imposant aux récalcitrants de se rallier à l'offre.

L'opération, la plus grosse de ce type jamais réalisée dans le monde, doit permettre d'alléger le fardeau de la dette d'un pays qui s'enfonce dans une profonde récession, le PIB ayant affiché en recul de 7,5% au quatrième trimestre 2011, selon des chiffres officiels publiés vendredi également. En 2020, la dette souveraine grecque ne doit plus représenter que 120,5% du PIB contre plus de 160% actuellement, un taux jugé supportable par les créanciers, même s'il reste très élevé selon tous les critères internationaux.

La décision d'activer ou non les clauses d'action collectives obligeant les créanciers rétifs à accepter des pertes sera soumise dans l'après-midi à l'appréciation des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles. Parallèlement, dans un ballet financier international parfaitement huilé, un autre comité international (ISDA) doit se réunir vendredi également pour décider si le recours aux clauses (CAC) entraîne ou non le paiement des assurances CDS souscrites par les investisseurs pour se prémunir contre un défaut de paiement de la Grèce. Ces CDS peuvent être activés lorsque se produit un «événement de crédit», c'est-à-dire une modification dans le schéma de remboursement d'un emprunteur, comme par exemple le recours à des clauses contraignantes pour les créanciers qui ne sont plus alors considérés comme «volontaires».

Le ministre grec des Finances a exprimé sa «gratitude»

Au 2 mars, le total des CDS souscrits sur la Grèce atteignait 3,16 milliards de dollars en net, selon l'organisme de référence américain, un montant considéré comme gérable par plusieurs membres du secteur bancaire alors que ces instruments non régulés avaient été largement jugés responsables de l'aggravation de la crise financière internationale de 2008.

Ignorant ces accrocs de dernière minute, le ministre des Finances grec Evangélos Vénizélos a exprimé vendredi sa «gratitude» à tous les créanciers de la Grèce «qui ont soutenu» le programme de réforme et d'ajustement du pays et «qui ont partagé les sacrifices du peuple dans son effort historique». Il s'est félicité d'une participation «massive» à l'opération, qui constitue «un vote de confiance dans les perspectives de rétablissement de l'économie grecque» et la capacité de l'eurozone à tourner la page de la crise du surendettement.

Concrètement, l'échange des titres doit avoir lieu lundi 12 mars pour les obligations de droit grec. Si l'eurogroupe donne son aval, un délai supplémentaire courra jusqu'au 23 mars à 09h00 GMT pour laisser le temps aux détenteurs de titres non-soumis au droit grec de rejoindre les rangs des participants à l'échange et éventuellement réintégrer dans le programme les plus de 7 milliards d'obligations qui manquent encore à l'appel. S'ils n'obtempèrent pas, le ministre des Finance les a menacés de n'être jamais remboursés de la totalité de leurs créances. Les créanciers complaisants devront eux encaisser une perte, très lourde, mais limitée à 74% de la valeur comptable des titres qu'ils détiennent. «Nous savons protéger nos intérêts et ceux de la zone euro (....) certains peuvent croire» qu'ils pourront réussir à être totalement remboursés, «mais c'est une pensée naïve» a-t-il affirmé.

(L'essentiel Online/AFP)

Et le Luxembourg?

Une quinzaine de banques luxembourgeoises ont déjà effacé la dette grecque, lors de l'exercice 2011. Et cela pour un montant d'une valeur de 1,2 milliards d'euros. Il leur resterait un stock de bons d'une valeur de 750 millions d'euros, des bons sécurisés garantis par le FESF.

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