César 2010 – Consécration pour Audiard, renaissance d’Adjani

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César 2010Consécration pour Audiard, renaissance d’Adjani

Déjà sacré à Cannes et dans la course aux Oscars à Hollywood, «Un prophète» a logiquement triomphé samedi soir aux 35e César tandis qu’Isabelle Adjani était couronnée.

«Un prophète» a remporté neuf prix, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Son jeune acteur Tahar Rahim, 28 ans, a réussi un doublé historique en empochant le prix du meilleur acteur et celui du meilleur espoir masculin. «Je ne te remercierai jamais assez, Jacques, de m'avoir invité à bord, de m'avoir mis en première classe. Ces deux années passées à tes côtés resteront à jamais gravées là, donc merci !», a lancé le comédien, qui affrontait Vincent Lindon, Yvan Attal et François Cluzet.

Cet haletant film noir le suit sous les traits de Malik El Djebena, sur lequel se referment les portes de la prison : illettré, sans famille, il est une page vierge où vont s'inscrire les codes brutaux de l'univers carcéral. S'adaptant remarquablement vite, il devient un vrai malfrat. «Je remercie mes acteurs chéris», a déclaré Jacques Audiard avant de faire de la scène du théâtre du Châtelet une tribune politique. «Il y a des gens qui demandent juste un titre de séjour (...) ce serait bien que les pouvoirs les regardent mieux et acceptent de recevoir le collectif des cinéastes pour les sans-papiers», a-t-il lancé à l'adresse notamment du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, assis dans la salle.

Du sang neuf dans le cinéma français

Treize fois nommé, "Un prophète" partait largement favori, quatre ans après le précédent triomphe d'Audiard aux César 2006 où son film «De battre mon cœur s'est arrêté» avec Romain Duris avait raflé huit statuettes, dont celles de meilleur film et du meilleur réalisateur. Heureux du «privilège» d'avoir tourné deux films avec Jacques Audiard, Niels Arestrup, César du meilleur acteur dans un second rôle, a remercié le cinéaste «pour tout ce sang neuf (qu'il) propose dans le cinéma français, c'est important et réjouissant».

Lauréat du Grand prix à Cannes et en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger décerné à Hollywood le 7 mars, ce polar a aussi été primé pour son scénario, une récompense partagée entre Jacques Audiard et ses co-scénaristes Abdel Raouf Dafri, Nicolas Peufaillit et Thomas Bidegain. La photo, le montage, les décors d'«Un prophète» ont aussi été récompensés.

Adjani au bord des larmes

À 54 ans, Isabelle Adjani a empoché son cinquième César de la meilleure actrice, qui «couronne peut-être le rôle le plus modeste de ma carrière, un film plutôt humble», a-t-elle lancé à propos de »La journée de la jupe» de Jean-Paul Lilienfeld où elle campe une prof de banlieue. Au bord des larmes, elle a embrassé sa mère «où qu'elle se trouve».

Le palmarès des César 2010

Meilleur film français de l'année : "Un prophète" de Jacques Audiard
Meilleur réalisateur : Jacques Audiard ("Un prophète")
Meilleure actrice : Isabelle Adjani ("La journée de la jupe")
Meilleur acteur : Tahar Rahim ("Un prophète")
Meilleure actrice dans un second rôle : Emmanuelle Devos ("A l'origine")
Meilleur acteur dans un second rôle : Niels Arestrup ("Un prophète")
Meilleur espoir féminin : Mélanie Thierry ("Le dernier pour la route")
Meilleur espoir masculin : Tahar Rahim ("Un prophète")
Meilleur film étranger : "Gran Torino" de Clint Eastwood
Meilleur premier film : "Les beaux gosses" de Riad Sattouf
Meilleur scénario original : Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Abdel Raouf Dafri, Nicolas Peufaillit ("Un prophète")
Meilleure adaptation : Stéphane Brizé, Florence Vignon ("Mademoiselle Chambon")
Meilleure musique écrite pour un film: Armand Amar ("Le concert")
Meilleur court métrage : "C'est gratuit pour les filles" de Claire Burger et Maria Amachoukeli
Meilleure photo : Stéphane Fontaine ("Un prophète")
Meilleurs décors : Michel Barthélémy ("Un prophète")
Meilleur son : Pierre Excoffier, Bruno Tarrière, Sélim Azzazi ("Le concert")
Meilleurs costumes : Catherine Leterrier ("Coco avant Chanel")
Meilleur montage : Juliette Welfling (Un prophète)
Meilleur film documentaire : "L'enfer d'Henri-Georges Clouzot" de Serge Bromberg et Ruxanda Medrea

lessentiel.lu avec AFP

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