Bélarus – Coup d'Etat par les Allemands?

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BélarusCoup d'État par les Allemands?

Menacée de sanctions européennes, la présidence bélarusse a riposté vendredi en accusant l'Allemagne et la Pologne d'avoir tenté un coup d'Etat lors de la présidentielle du 19 décembre.

«Il n'y a aucun doute que les services spéciaux polonais et allemands sont impliqués dans les événements du 19 décembre», écrit le journal officiel «Sovetskaïa Belorussia».

«Il n'y a aucun doute que les services spéciaux polonais et allemands sont impliqués dans les événements du 19 décembre», écrit le journal officiel «Sovetskaïa Belorussia».

AFP

Dans un article fleuve intitulé ®Dans les coulisses d'un complot», le journal officiel Sovetskaïa Belorussia (Le Bélarus soviétique) affirme que les services spéciaux des deux pays avaient pour but de renverser le président Alexandre Loukachenko.

«Il n'y a aucun doute que les services spéciaux polonais et allemands sont impliqués dans les événements du 19 décembre», écrit le journal officiel. Selon le texte, ces services ont «planifié et organisé la campagne "dis la vérité" menée par le candidat Vladimir Nekliaïev, qui aurait dû renverser le pouvoir en place».

Camp d'entraînement en Pologne

«Pour atteindre cet objectif, ils ont choisi des organisateurs et des procédés, et ont engagé d'importantes ressources financières qui ont été transférées au Bélarus en contrebande sous la couverture de divers fonds», poursuit le journal.

«La Pologne est devenue un polygone pour créer la force capable de renverser le régime au Bélarus. Des camps d'entraînement y avaient été installés pour les militants, une future élite y avait été formée», selon la publication.

Plusieurs centaines d'opposants en prison

La présidentielle, remportée selon les résultats officiels avec près de 80% des suffrages au premier tour par le président Loukachenko, au pouvoir depuis 16 ans, avait donné lieu le jour même du scrutin à une manifestation sans précédent à Minsk. Lors d'une intervention musclée de la police, environ 600 personnes avaient été interpellées, dont plusieurs centaines sont encore en prison.

Quatre des candidats d'opposition, Alexeï Mikhalevitch, Andreï Sannikov, Vladimir Nekliaïev et Nikolaï Statkevitch, sont encore en détention et risquent de lourdes peines pour organisation de «troubles massifs à l'ordre public».

Herald Tribune: «Loukachenko loser»

«En cas de succès d'une révolution dans le centre de l'Europe, il y aurait inévitablement une crise et un bain de sang au Bélarus», selon l'article. Les violences post-électorales a été dénoncées par les capitales occidentales et l'Union européenne a menacé d'interdire de visa le président bélarusse Alexandre Loukachenko et son entourage pour sanctionner la répression.

La Pologne et l'Allemagne ont été particulièrement sévères après les violences post-électorales à Minsk. Leurs ministres des Affaires étrangères ont publié avec leurs homologues suédois et tchèque un éditorial dans le journal International Herald Tribune qualifiant M. Loukachenko de «loser».

UE prépare mesures d'urgence

Le commissaire européen en charge de la politique de voisinage de l'Union européenne, Stefan Füle, a déclaré mercredi que la restauration de l'interdiction de voyager pour le président Loukachenko était «clairement une option» ajoutant que l'UE avait également «préparé des options pour des mesures d'urgence centrées sur les ONG, les médias et les étudiants».

Le 31 décembre, Minsk a décidé de mettre fin au mandat de la représentation de l'OSCE sur son territoire, après les critiques de l'organisation sur le déroulement de la présidentielle.

L'essentiel Online avec AFP

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