Belgique – Coupable d'un mystérieux triple meurtre familial

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BelgiqueCoupable d'un mystérieux triple meurtre familial

Un Belge de 23 ans a été reconnu coupable mardi de l'assassinat de ses parents et de sa sœur par la cour d'assises de Bruxelles, malgré ses dénégations et l'absence de mobile pour expliquer ce triple meurtre qui a captivé la Belgique.

Les avocats Jean-Philippe Mayence et Pierre Huet qui défendent l'accusé. (AFP)

Les avocats Jean-Philippe Mayence et Pierre Huet qui défendent l'accusé. (AFP)

Après trois semaines d'audiences, les douze membres du jury populaire ont estimé que Léopold Storme, à l'époque âgé de 19 ans et étudiant dans une école de commerce, avait bien tué, le 17 juin 2007, son père, sa mère et sa sœur d'une centaine de coups de couteau.

Selon le droit belge, la peine sera décidée à l'issue d'une nouvelle plaidoirie de la défense et un réquisitoire du parquet qui devraient avoir lieu mercredi. Léopold Storme risque la réclusion à perpétuité.
Les membres du jury ont déclaré qu'il était coupable des meurtres de ses parents et de sa soeur. Ils ont jugé qu'il était sain d'esprit au moment des crimes et qu'il est sain d'esprit actuellement.

Absence de preuve et de mobile

Leur tâche était compliquée par l'absence de preuve et de mobile. Il leur a fallu neuf heures de délibérations mardi pour parvenir à ces conclusions. Il leur a ensuite fallu quatre heures supplémentaires pour les motiver. Les débats avaient notamment porté sur la santé mentale de l'accusé. Le parquet, qui durant l'enquête s'était prononcé pour son internement, a durant le procès changé son fusil d'épaule, estimant que Léopold Storme était en pleine possession de ses moyens mentaux au moment des faits et encore aujourd'hui. L'avocat de la défense, Jean-Philippe Mayence, avait plaidé l'acquittement de son client et demandé que le jury reconnaisse que son client n'était pas dans un état normal au moment des faits.

Le jeune homme a, au cours de l'enquête, multiplié les versions contradictoires de ses faits et gestes. Il avait tout d'abord expliqué avoir été absent des lieux du triple meurtre, commis dans l'entrepôt du magasin de textile exploité par ses parents dans le quartier des Marolles, au centre historique de Bruxelles.

Il reconnait avoir menti

Il a ensuite reconnu qu'il s'agissait d'un mensonge et a affirmé qu'il avait été agressé avant de perdre connaissance par deux, trois ou quatre hommes, encagoulés ou non, ne découvrant que par la suite ses proches tués, ou assistant à la mort de sa sœur, suivant les versions.
L'avocat de Léopold Storme, Jean-Philippe Mayence, a expliqué lundi lors de sa plaidoirie que ces mensonges s'expliquaient par le «choc» psychologique subi lorsqu'il avait été témoin du «massacre» de ses proches. «En dehors de ses mensonges, je ne vois rien dans le dossier qui permette de l'incriminer sérieusement», avait lancé l'avocat, réclamant l'acquittement.

S'exprimant une dernière fois devant la cour mardi matin, Léopold Storme, qui a bénéficié du soutien de nombreux membres de sa famille, a une nouvelle fois clamé son innocence: «Jamais je n'aurais pu leur faire le moindre mal», a-t-il dit. «Je tenais à clamer publiquement mon innocence et le ferai toute ma vie s'il le faut», a-t-il ajouté.

Le parquet avait au contraire estimé dans son réquisitoire que Léopold Storme était bien l'auteur d'un triple assassinat, commis de sang-froid. L'avocat général a souligné que le prévenu avait reconnu avoir nettoyé les lieux des meurtres, dénudé la poitrine de sa sœur pour faire croire à un crime sexuel et jeté ses vêtement tâchés de sang dans plusieurs poubelles. L'avocat général a aussi souligné les tensions au sein de la famille du jeune homme, qui se livrait à un trafic de drogue et négligeait ses études.

L'essentiel Online avec AFP

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