Au Luxembourg – Covid long: «On nous disait que c'était dans la tête»
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Au LuxembourgCovid long: «On nous disait que c'était dans la tête»

LUXEMBOURG - Toujours souffrants, 32 patients atteints de Covid long sont pris en charge au Rehazenter. Là-bas, ils apprennent peu à peu à retrouver une vie normale.

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Toujours souffrants, 31 patients atteints de Covid long sont pris en charge au Rehazenter. Là-bas, ils apprennent peu à peu à retrouver une vie normale.

Toujours souffrants, 31 patients atteints de Covid long sont pris en charge au Rehazenter. Là-bas, ils apprennent peu à peu à retrouver une vie normale.

L'essentiel
Rosanna, 68ans, a attrapé le covid le 31 juillet, deux mois après s'être vaccinée avec Janssen. Elle a passé 18 jours en soins intensif au CHL avant d'arriver au Rehazenter, avec des poumons endommagés.

Rosanna, 68ans, a attrapé le covid le 31 juillet, deux mois après s'être vaccinée avec Janssen. Elle a passé 18 jours en soins intensif au CHL avant d'arriver au Rehazenter, avec des poumons endommagés.

L'essentiel
 Depuis, elle se balade en permanence avec une bouteille d'oxygène. «c'est vraiment compliqué pour mon quotidien», confie-t-elle. «Heureusement, ça fait quelques jours qu'elle peut dormir sans», ajoute son kinésithérapeute.

Depuis, elle se balade en permanence avec une bouteille d'oxygène. «c'est vraiment compliqué pour mon quotidien», confie-t-elle. «Heureusement, ça fait quelques jours qu'elle peut dormir sans», ajoute son kinésithérapeute.

L'essentiel

«Au début de mon infection, j'ai été coupée de ma vie active. Je suis passée d’une personnalité dynamique à devenir une grand-mère de maison de retraite». Murièle, 50 ans, est atteinte du Covid long. Selon Guy Fagherazzi, chercheur au Luxembourg Institute of Health, ils sont environ 20 000 à avoir encore des séquelles, comme Murièle. «Au début, on nous disait que c'était dans la tête mais pas du tout». Cette frontalière belge était employée de banque au Luxembourg avant d'attraper le virus en novembre 2020, au plus fort de la pandémie. Depuis, sa vie n'est plus du tout la même. «C’est mon mari qui fait tout depuis plus d’un an, on n'a plus de vie», confie la Belge.

Le Covid lui a provoqué des troubles neurologiques, des lésions au cerveau, détaille-t-elle, entrainant de la fatigue, des problèmes de mémoire, d'attention, et parfois des arythmies cardiaques, un «vrai brouillard cérébral», résume-t-elle. «Je ne peux pas conduire plus de 10 minutes, j'ai des difficultés à me concentrer».

Une dizaine de spécialistes

Depuis trois mois, la frontalière se rend trois fois par semaine au Rehazenter, le centre national de rééducation fonctionnelle et de réadaptation, qui lui permet d'aller de mieux en mieux, «doucement mais surement», insiste-t-elle. Elle y passe pas moins de trois heures par jour. Comme elle, le centre accueille 32 patients Covid long depuis janvier 2022. Chacun a un programme de thérapie individuel, en fonction de ses symptômes, explique Pierre Martin-Sisteron, kinésithérapeute à l'unité. Par exemple, la musculation aidera à la récupération et l'oxygénation des muscles, détaille-t-il. «Les habilités motrices seront testées chez les ergothérapeutes», permettant à moyen/long terme de retrouver une autonomie.

En effet, le Rehazenter propose une prise en charge multidisciplinaire. Le centre propose également des séances avec des neuropsychologues et un orthophoniste, pour ceux qui ont perdu le goût et l'odorat. Au total, une dizaine de spécialistes est dédiée à l'unité Covid long.

«Manque d'empathie»

La durée de traitement varie en fonction de l'état des individus. «Certains arrivent plus en forme que d'autres, pour une prise en charge assez courte, d'autres restent plus longtemps», confirme Pierre Martin-Sisteron, qui s'occupe de Rosanna, 68ans, venue se muscler le haut du corps. «J'en ai encore pour 2h d'exercice, c'est dur», plaisante la sexagénaire. La résidente d'Ersange a attrapé le Covid le 31 juillet, deux mois après s'être vaccinée avec Janssen. Elle a passé 18 jours en soins intensif au CHL avant d'arriver au Rehazenter, avec des poumons bien endommagés. Depuis, elle se balade en permanence avec une bouteille d'oxygène. «C'est vraiment compliqué au quotidien», confie-t-elle. «Heureusement, ça fait quelques jours qu'elle peut dormir sans», ajoute son kinésithérapeute.

«Beaucoup de gens ne sont pas conscients de ce que le Covid long peut avoir comme effet sur la qualité de vie, même parler et manger, ça peut être compliqué pour certains», confie Solenna Brevi, également kinésithérapeute. «Il y a parfois un réel manque d'empathie de la part de ceux qui ne le vivent pas», ajoute Murièle, «Heureusement, ici on peut parler avec d'autres personnes qui ont les mêmes symptômes que nous».

(Marine Meunier/L'essentiel)

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