Industrie au Luxembourg – Critiqué, le projet d'usine Fage pédale dans le yaourt

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Industrie au LuxembourgCritiqué, le projet d'usine Fage pédale dans le yaourt

BETTEMBOURG/DUDELANGE – Le projet d’implantation de l’usine de yaourts a reçu un avis défavorable de la commune de Bettembourg. Le gouvernement doit trancher.

Le projet Fage conserve le soutien de Dan Biancalana, bourgmestre LSAP de Dudelange.

Le projet Fage conserve le soutien de Dan Biancalana, bourgmestre LSAP de Dudelange.

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L’usine Fage, qui doit produire quelque 80 000 tonnes de yaourts grecs par an, est encore loin de sortir de terre. D’abord prévue pour fin 2018, le projet a connu plusieurs retards, à cause principalement des réactions négatives de part et d’autre. Le conseil échevinal de Bettembourg, l’une des deux communes concernées, a exprimé mardi ses «fortes réticences», dans une prise de position détaillée.

La consommation d’eau potable pose problème. Les élus déplorent un manque d’information à ce sujet et réclament une étude détaillée. Les estimations actuelles tournent autour de 2 500 m³ par jour, soit des besoins en eau représentant «plus du double» de ceux la population actuelle de Bettembourg, selon le document. La soutenabilité du projet est donc mise en cause. L’autre point sensible concerne les rejets dans les eaux usées. Les échevins plaident pour une vraie analyse, effectuée par une instance indépendante.

Le gouvernement a la main

Le projet s’est aussi attiré les critiques des sept communes du Contrat de rivière du bassin supérieur de l’Alzette. En revanche, Dan Biancalana (LSAP), bourgmestre de Dudelange, soutient encore l’implantation de Fage, du fait de la centaine d’emplois promis à court terme. Il rappelle que son conseil communal a exprimé «une opinion favorable, sous plusieurs conditions», à savoir l’optimisation de la consommation de l’eau, le maintien de la qualité de l’Alzette et l’impact sur le trafic routier dans la région. Pour ce dernier point, il propose «de trouver des synergies avec les CFL multimodal voisins», pour privilégier le train à la route.

Le dossier est désormais dans les mains du gouvernement, qui doit donner (ou non) une autorisation d’exploitation. Jusqu’à présent, la ministre de l’Environnement s’est montrée très critique. Elle a rappelé la semaine dernière que la procédure n’était pas totalement terminée, le principal souci étant la consommation d’eau.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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