Budget 2021 – Dan Biancalana «plaide pour un Etat social fort»
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Budget 2021Dan Biancalana «plaide pour un État social fort»

LUXEMBOURG – Le député du LSAP, rapporteur du budget 2022, évoque les priorités qu’il a voulu mettre en avant dans l'élaboration du texte.

Dan Biancalana, ici dans son bureau à la mairie de Dudelange, a apporté des touches personnelles au budget 2022.

Dan Biancalana, ici dans son bureau à la mairie de Dudelange, a apporté des touches personnelles au budget 2022.

L'essentiel/JG

L’essentiel : Comment abordez-vous votre rôle de rapporteur du budget 2022?
Dan Biancalana: C’est un beau défi qui a commencé pour moi. J’ai lu des livres spécifiques sur le sujet et je vois que cette expérience est l’occasion d’avoir une vue plus générale sur les finances, et pas seulement sectorielle.

Comment travaillez-vous concrètement?
Mon rôle est de chapeauter les travaux des différentes commissions parlementaires, lorsque leurs membres analysent le budget en fonction de leur ressort. C’est pourquoi j’assiste à de nombreuses commissions, y compris celles dont je ne suis pas membre en temps normal. Je rencontre aussi des acteurs institutionnels qui émettent une expertise ou un avis sur le budget.

Travailler sur un budget en période d’incertitude économique est-il un exercice périlleux?
Nous analysons les différentes projections, avec des scénarios plus ou moins optimistes. Les analyses d’acteurs comme le Statec, la Commission européenne, le FMI, etc. sont relativement stables, malgré les incertitudes. Je note que le chômage, à 5,5%, a retrouvé son niveau d’avant-crise et que la croissance devrait atteindre 6% en 2021. Quoi qu’il arrive, nous devons continuer les investissements pour les projets d’infrastructures nécessaires aux citoyens.

Quels sont les thèmes que vous comptez mettre en avant?
En plus du volet concernant l’analyse financière pure, être rapporteur du budget permet en effet de développer un volet plus personnel. Je compte mettre en avant la sécurité existentielle, qui signifie la sécurité au sens large pour l’individu. Nous devons nous demander de quoi a besoin un individu pour se sentir en sécurité. Cela recoupe les thématiques de justice sociale, de logement, d’emploi, de travail, de formation, voire de santé.

Est-ce un sujet insuffisamment évoqué dans le débat, selon vous?
Le sentiment de sécurité est omniprésent dans les préoccupations des individus. Le LSAP le mentionne d’ailleurs régulièrement. C’est pourquoi je voulais aborder cette thématique en tant que rapporteur du budget, pour lui donner encore plus de visibilité.

Le ministre Pierre Gramegna a indiqué que 47% des dépenses du budget étaient sociales. Êtes-vous satisfait?
Dans le contexte de la relance économique, accorder 47% au social est un bon signe. Même si l’on n’en fait jamais assez pour le social! Ce que je veux, c’est qu’il n’y ait pas de laissés pour compte. Le LSAP s’y retrouve dans cette coalition, cela montre que le parti a su mettre en avant les dispositifs qui lui tiennent à cœur. Je plaide pour un État social fort, nécessaire pour que les citoyens aient confiance dans les institutions.

Comment aider les plus vulnérables?
Le salaire minimum a été augmenté en début d’année, il faut continuer dans ce sens, surtout avec l’augmentation des prix de l’énergie. Dans cette optique, l’allocation de vie chère a été revue à la hausse. Le dernier rapport du Statec sur la cohésion sociale a montré que les inégalités ne se sont pas aggravées malgré la crise sanitaire. Je m’en réjouis, même si elles restent présentes. Les mesures prises, comme le chômage partiel, ont eu les effets escomptés.

Quelle solution avez-vous en tête pour contribuer à résoudre la crise du logement?
La réforme de l’impôt foncier va dans le bon sens. Il faut tout faire pour mobiliser davantage les terrains et construire des logements abordables. Je me rends compte, notamment avec ma casquette de bourgmestre, que le logement est une préoccupation majeure de la classe moyenne et des personnes vulnérables. La situation est différente entre les propriétaires qui ont payé leur emprunt, ceux qui doivent encore payer et les locataires. L’accès au logement reste trop difficile. Il faut aussi responsabiliser les propriétaires sur la question des logements vides et des rénovations à effectuer.

La digitalisation est aussi l’un des enjeux du prochain budget…
Elle fait partie du volet sur l’emploi. Il ne faut pas craindre la digitalisation, mais il faut veiller à ne pas accroître la fracture numérique. D’où l’intérêt de formations sur le sujet, notamment pour que les chômeurs augmentent leur employabilité. Cela a trait à la cohésion sociale.

(Propos recueillis par Joseph Gaulier/L'essentiel)

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