Christophe Schiltz – «Dans l'immédiat, je ne me vois pas ministre»
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Christophe Schiltz«Dans l'immédiat, je ne me vois pas ministre»

LUXEMBOURG - À 42 ans, Christophe Schiltz est devenu le plus jeune président du Conseil d'État. De quoi lui donner des ambitions pour la suite de sa carrière?

Christophe Schiltz, nouveau président du Conseil d’État, est l'invité de «L'essentiel Radio» tout au long de cette semaine.

Christophe Schiltz, nouveau président du Conseil d’État, est l'invité de «L'essentiel Radio» tout au long de cette semaine.

© Editpress / Didier Sylvestre

Tout au long de cette semaine, Christophe Schiltz était l’invité de La Story sur les ondes de L’essentiel Radio. Le jeune Président du Conseil d’État, 42 ans, a rappelé que «le rôle de l’institution était de donner des avis sur des projets de loi, des propositions de loi et projets de règlement grand-ducal qui nous sont soumis». «Le Gouvernement peut également nous soumettre des questions spécifiques», poursuit Christophe Schiltz. «Mais on conseille le Parlement aussi. Nous donnons alors notre avis sur les propositions de loi et sur les amendements de la Chambre des députés».

Quel est le rapport entre le Conseil d’État et la Cour grand-ducale? «Le Grand-Duc héritier est membre du Conseil d’État», rappelle Christophe Schiltz, «et c’est le lien principal». Quels sont les gros dossiers sur lesquels travaille le Conseil d’État? «Nous venons d’adopter notre avis sur les dernières modifications en termes de Covid. Cela c’est toujours un gros dossier. La révision de la Constitution, c’est également un dossier d’actualité. En général, la Chambre de nos députés suit nos avis. Nous jouons un rôle important pour contribuer à des textes de lois qui tiennent la route».

Christophe Schiltz en quelques questions

Revivre un moment de ma vie?
Il y a beaucoup de moments qui étaient très bien, mais en général, je suis plutôt une personne qui regarde vers l’avenir. Je ne regarde pas vraiment vers le passé. C’est important de tirer des leçons et d’apprendre, mais je préfère attendre les moments qui vont venir encore.

Bluffé par quelle personnalité?
J’ai rencontré beaucoup de personnes intéressantes. Ce qui me bluffe actuellement, ce sont les personnes qui travaillent dans le domaine de la santé.

Mon rapport avec l’argent?
C’est bon d’en avoir, certainement, mais ce n’est pas ce qui me motive dans la vie. Ce n’est pas l’argent qui me motiverait à faire quelque chose.

Le luxe suprême?
Actuellement, encore, c’est la santé. La situation actuelle liée au Covid nous rappelle combien la santé est importante.

L’objet dont je ne pourrais pas me séparer?
Pendant la durée de cette interview, je suis actuellement séparé de cet objet, mais je dirais malheureusement mon téléphone portable à cause de mon métier ou du Conseil d’État, où je dois être joignable.

Réécoutez la séquence du vendredi 14 mai 2021

Président du Conseil d’État à 42 ans, Christophe Schiltz répond aux questions de L’essentiel Radio tout au long de cette semaine. C’est le plus jeune président de l’institution et il impose d’ores et déjà son nouveau style. «C’est tout neuf, je suis en fonction depuis début avril», rappelle-t-il à notre micro. «Je me concentre sur ce mandat et par la suite, je compte poursuivre ma carrière professionnelle. Dans l’immédiat, je ne me vois pas ministre, non».

Quel est le profil des membres du Conseil d’État? «Il y a de tout», a indiqué son jeune président. «La moyenne d’âge est proche des 54 ans. Il faut avoir au moins 30 ans pour y entrer et à 72 ans, au plus tard, il faut partir. Les mandats actuels sont des mandats de 12 ans. C’est important que les gens connaissent leurs institutions et c’est à travers des interviews comme celles-ci que je peux un peu expliquer ce que fait le Conseil d’État. J’ai été beaucoup sollicité ces dernières semaines et j’essaie d’y donner suite, justement, pour expliquer aux gens ce que l’on fait. Avant la pandémie, on accueillait des classes de l’université et des écoles faisaient aussi des visites guidées au Conseil d’État. Aujourd’hui, c’est plus compliqué».

«En général, les jeunes sont curieux et ils nous posent donc des questions», admet Christophe Schiltz. «C’est toujours intéressant d’avoir des échanges quand ils nous posent des questions sur le fonctionnement. Il y a toujours des questions plus ou moins classiques».

Christophe Schiltz en quelques questions

Quand je ne travaille pas?
Il me reste assez peu de temps, je dois dire, car comme tous les conseillers d’état, j’ai un job. Je suis diplomate de carrière et je travaille comme coordinateur-général à la coopération au développement et à l’action humanitaire au ministère des Affaires étrangères. Cela me laisse peu de temps, mais j’essaie tout de même d’avoir un peu de temps pour moi-même, pour voir mes amis, pour lire, pour faire de la musique ou encore faire du sport.

Ce que j’aime le moins dans la nature humaine?
Le mensonge et en politique, je dirais la mauvaise foi. C’est difficile d’avoir une discussion politique si la personne est de mauvaise foi car c’est difficile de s’accorder sur des faits.

Quelle couleur dans une boîte de crayons de couleur?
Si on parle de politique, je dirais le rouge, mais je suis souvent habillé en bleu. C’est la couleur que j’aime le plus, car c’est la couleur de l’océan et de la mer. J’adore la mer, même si malheureusement, on n’en a pas au Luxembourg. Et ces derniers temps, c’est assez difficile de voyager… J’ai pourtant besoin de ça!

Réécoutez la séquence du mercredi 12 mai 2021

Christophe Schiltz est l’invité de L’essentiel Radio pour sa Story et le plus jeune président du Conseil d’État, à 42 ans, se confie sur nos ondes tout au long de la semaine. Trois candidats se sont présentés à ce poste lors de la dernière élection. Qu’est-ce qui a pu faire la différence? «Quand je suis devenu membre, c’est le Conseil d’État qui m’a coopté lors d’un vote secret», détaille-t-il, «et avant de faire cela, ils avaient publié un profil. Ils cherchaient un juriste spécialisé en droit de l’Union européenne et en droit administratif. Ce profil correspondait à ma formation, donc je suppose que c’est le profil qui a fait la différence».

Quand on arrive à ce poste plus d’un an après le début de la crise du Covid-19, dans quel état se trouve le Conseil d’État? «Il fonctionne très bien», se félicite Christophe Schiltz, «et comme je suis déjà membre depuis 7 ans et demi, ce n’est pas nouveau pour moi. Il y a un peu plus de nouveaux dossiers, c’est vrai, mais ce qui a augmenté, c’est la pression dans certains dossiers. Comme sur les projets de loi liés au Covid. Là, il faut que nous travaillions très vite. Quand un projet de loi avec de nouvelles règles arrive, il faut que nous donnions notre avis dans les quatre ou cinq jours. C’est très rapide et on nous demande même moins de temps, si le projet arrive le vendredi, généralement, on donne notre avis le mercredi d’après».

«Sept conseillères d'État, ce n'est pas un maximum»

Combien de membres composent le Conseil d’État? «Nous sommes 21 membres plus le Grand-Duc héritier», précise Christophe Schiltz. «Donc au total, nous sommes 22». À 42 ans, son nouveau président va-t-il booster l’institution? «Les tâches du Conseil d’État ne dépendent pas de l’âge de son président», rassure-t-il. «On va essayer de continuer à jouer notre rôle en donnant des avis sur les projets de loi, les propositions de loi et les projets de règlement grand-ducal. En interne, on peut encore renforcer nos outils de travail, c’est vrai. Le secrétariat fait un travail excellent et on peut encore le renforcer pour soutenir les conseillers. Au niveau de l’informatique et en matière de recherche, par exemple, on peut encore faire mieux et on est en train de voir comment on peut encore s’améliorer».

Combien de femmes siègent au Conseil d’État? «Sept», nous rappelle Christophe Schiltz. «La loi dit que lors des nominations, les autorités qui nomment les conseillers doivent veiller à ce que des membres soient des femmes et veiller à un équilibre entre les hommes et les femmes, avec un minimum de sept. Mais à mes yeux, ce minimum n’est pas un maximum. Ce n’est pas le président du Conseil d’État qui décide qui devient membre, mais je pousse pour que nous arrivions à cet équilibre indiqué dans la loi».

Christophe Schiltz en quelques questions

Un souvenir de mes 18 ans?
Cela date déjà depuis un certain temps. Comme tout le monde, probablement à 18 ans, peut-être un peu moins aujourd’hui, c’était de pouvoir enfin passer son permis de conduire. Et puis dans les souvenirs, évidemment, faire une fête avec ses amis.

Un mot pour me définir?
Là, je dois dire, comme beaucoup de Luxembourgeois qui n’aiment pas parler d’eux-mêmes, je n’aime pas vraiment me qualifier avec un mot. Je laisserai donc le soin à d’autres personnes de le faire pour moi. “Curieux”, peut-être, ça peut être cela.

Réécoutez la séquence du mardi 11 mai 2021

Président du Conseil d’État, Christophe Schiltz, 42 ans, occupe cette fonction depuis avril 2021. «Je suis arrivé au sein de cette institution assez jeune, depuis novembre 2013», rappelle-t-il d’emblée à notre micro. «Déjà à ce moment-là, j’étais un membre assez jeune du Conseil d’État et maintenant, avec le jeu de rotation des différents partis politiques, me voici à la présidence». Une nouvelle génération essaie-t-elle d'apporter des choses à la politique au Luxembourg? «Si l’on compare les choses, en regardant 20 ans ou 30 ans en arrière, certainement», souligne Christophe Schiltz. «C’est plus dynamique, on voit que certaines choses se passent et on peut dire qu’il y a eu un changement, ces dernières années».

À quoi sert le Conseil d’État au Luxembourg? «Son rôle principal, c’est de donner son avis sur des projets et des propositions de loi, voire même des projets de règlement grand-ducal», indique son nouveau président. «Pour qu’une loi entre en vigueur au Luxembourg, il faut que la Chambre des députés vote deux fois. Ce n’est pas comme en France ou en Allemagne, ici, nous n’avons qu’une seule chambre, alors il faut qu’elle vote deux fois. Entre deux votes, il faut attendre trois mois. Le Conseil d’État donne son avis sur les projets de loi, donc on regarde s’il est compatible avec la Constitution, les traités internationaux ou les Conventions des droits de l’Homme. On regarde si le projet de loi fonctionne en quelque sorte. Notre avis est consultatif, mais certains points ne sont pas compatibles avec la Constitution, le Conseil d’État peut émettre une opposition formelle. On peut dispenser la Chambre des députés du second vote d’une loi pour qu’elle puisse entrer en vigueur plus rapidement».

Christophe Schiltz en quelques questions

Mon premier job?
Si mes souvenirs sont bons, c’était dans un magasin de disques. J’étais vendeur durant l’été. C’était super et on pouvait écouter de la musique quand on voulait. Et la première chose que j’ai achetée avec ce salaire, c’était une guitare électrique. Je suis musicien, mais malheureusement, je ne joue plus depuis un moment, car je n’ai plus vraiment le temps.

Réécoutez la séquence du lundi 10 mai 2021


La playlist de Christophe Schiltz

Quatrième et dernier titre de la playlist de Christophe Schiltz, un morceau de Gun’s & Roses. ««Use Your Illusion, c’est le premier album que j’ai acheté».

Nouveau titre proposé par Christophe Schiltz dans sa playlist: une chanson du groupe REM. «Car, c’est un groupe que j’écoute toujours», dit-il. «Depuis que je suis jeune, j’écoute REM et je les ai vus en concert maintes fois et le premier festival où j’ai été, c’était Rock Werchter en 1995».

En deuxième position dans la playlist de Christophe Schiltz, on retrouve «une nouvelle artiste qu’il a pris la peine d’écouter ces derniers temps». C’est la compositrice Beabadoobee qui se prénomme en réalité Béatrice Kristi Laus. «J’essaie toujours de découvrir de nouvelles artistes et je l’aime bien», nous dit-il.

Premier titre choisi par Christophe Schiltz, la bande-originale du film Trainspotting, sorti en 1996. «C’est un film qui se joue en Écosse avec une bande de jeunes», indique le président du Conseil d’État. «Cette musique me plaît, car ça me rappelle le film. À l’époque, j’écoutais beaucoup de musiques britanniques».


(Frédéric Lambert / L'essentiel )

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