Violences au Luxembourg – Dans le couple «tout est rose au début, puis...»

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Violences au LuxembourgDans le couple «tout est rose au début, puis...»

LUXEMBOURG – Les autorités ont annoncé lundi la mise en ligne d'un questionnaire accessible à tous. Il vise à anticiper les comportements pouvant conduire à la violence.

L'an dernier, la police a effectué 943 interventions pour des faits de violence domestique, dont 278 ont donné lieu à une expulsion de l'un des partenaires.

L'an dernier, la police a effectué 943 interventions pour des faits de violence domestique, dont 278 ont donné lieu à une expulsion de l'un des partenaires.

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Face au problème des violences domestiques, le gouvernement a dévoilé lundi un outil préventif «Relation2test». «Nous sommes ici dans la philosophie selon laquelle mieux vaut prévenir que guérir», explique Taina Bofferding (LSAP), ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui déplore que ces violences «restent une réalité aujourd'hui au Luxembourg». L'outil présenté est un questionnaire comprenant 16 questions, elles-mêmes divisées en trois catégories. Anonyme, il interroge sur la nature de la relation puis sur les situations de dispute, l'isolement social, la pression exercée ou la violence psychique.

«Dans une relation, tout est très rose au début. Puis doucement, les signes de violence commencent. Les gens ne s'en rendent pas compte tout de suite, nous pouvons même vivre un moment avec. Avec le questionnaire, nous voulons détecter les problèmes tout de suite», explique Myriam Mersch-Zimmer, directrice générale de la Fondation maison de la porte ouverte (FMPO), aussi à l'initiative du projet.

Les «petits signes» avant que la situation ne dégénère

Le questionnaire sert à détecter les «petits signes» avant que la situation ne dégénère. L'idée est alors d'instaurer une communication entre les partenaires. «La violence vient souvent après un long parcours de violence psychologique, qui s'est envenimé», précise Sandra Schmidt, chargée de direction à la FMPO. Taina Bofferding veut sensibiliser «les couples, mais aussi les témoins, comme les voisins. Il est important d'agir en tant que société, car la violence domestique n'est pas qu'un problème du couple».

L'an dernier, la police a effectué 943 interventions pour des faits de violence domestique, dont 278 ont donné lieu à une expulsion de l'un des partenaires, d'après les chiffres du Comité violence. «Le Luxembourg n'a pas vu le phénomène exploser pendant le confinement, contrairement à d'autres pays. La situation est restée stable, mais nous ne pouvons pas nous satisfaire de cela», explique la ministre. À noter que 60,28% des victimes présumées lors des interventions policières sont des femmes, 39,72% sont donc des hommes.

Retrouvez le questionnaire Relation2test sur le site dédié.

(Joseph Gaulier/L'essentiel)

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