Centrale de Fessenheim – Dans le flou total pour les projets de reconversions
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Centrale de FessenheimDans le flou total pour les projets de reconversions

FESSENHEIM - À quelques jours de l'arrêt complet de la centrale nucléaire de Fessenheim, les projets visant à compenser les emplois perdus restent au stade d'ébauche.

Seuls soixante salariés EDF resteront pour le démantèlement de la centrale vers 2024.

Seuls soixante salariés EDF resteront pour le démantèlement de la centrale vers 2024.

AFP/Sebastien Bozon

En février, quand le premier réacteur a été éteint, les projets d'alternatives économiques à la centrale dans cette zone proche de la frontière allemande, entre Colmar et Mulhouse, en étaient encore au stade des discussions, qu'il s'agisse de la création d'une zone économique le long du Rhin pour attirer des entreprises, du développement du port fluvial ou d'un «technocentre» de recyclage de matériaux métalliques.

Cinq mois plus tard, «on est exactement dans la même situation», se désespère le maire de la commune de 2 500 habitants, Claude Brender, qui parle «d'incertitude totale» sur nombre de sujets.

«L'indifférence de l'État»

Pour l'édile réélu le 15 mars et fervent défenseur de la centrale, cela ne fait aucun doute: le trou d'air tant redouté «aura lieu». «Il n'y a aucune perspective à court terme sur le bassin d'emploi de Fessenheim», regrette-t-il. Une usine de biocombustible issu du bois est bien en projet, avec plusieurs centaines d'emplois à la clé, mais sa mise en service par le groupe Européenne de biomasse n'est pas prévue avant 2023/2024.

Seuls soixante salariés EDF resteront pour le démantèlement de la centrale vers 2024. Fin 2017, ils étaient encore 750 ainsi que 300 prestataires. À l'approche de l'arrêt définitif de la centrale, les élus locaux pestent à tout va contre «l'indifférence de l'État», malgré un «projet d'avenir» signé début 2019 avec l'ambition de faire de cette zone un modèle de reconversion industrielle et énergétique.

Société franco-allemande

Présentée comme «l'outil opérationnel» de la reconversion du territoire de Fessenheim, la société d'économie mixte (SEM) franco-allemande, annoncée en janvier, n'est toujours pas concrétisée.

«La mise en place de la SEM se poursuit, la date prévisionnelle de création est fixée à fin 2020», assure-t-on toutefois à la région Grand Est qui en sera le principal actionnaire, précisant qu'un directeur général devrait prendre ses fonctions en septembre.

Autrefois zone agricole pauvre, le village de Fessenheim et ses alentours ont vu arriver avec la centrale nucléaire des dizaines de familles dotées de bons revenus, mais aussi des millions d'euros de retombées fiscales. La commune a pu ainsi développer services et infrastructures et voir s'installer un nombre de commerces particulièrement important pour sa taille. Un atout précieux pour l'avenir.

(L'essentiel/afp)

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