Après l'agression sexuelle – Dans les écoles, «il n'y a pas de sécurité à 100%»
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Après l'agression sexuelleDans les écoles, «il n'y a pas de sécurité à 100%»

HESPERANGE - Le ministre de l'Éducation nationale et la commune ont réagi à l'agression sexuelle d'une élève à l'école, jeudi dernier. L'enquête se poursuit.

«L'enquête dira s'il y a eu ou pas un problème autour de l'accès au bâtiment», a précisé le ministre de l'Éducation nationale, Claude Meisch.

«L'enquête dira s'il y a eu ou pas un problème autour de l'accès au bâtiment», a précisé le ministre de l'Éducation nationale, Claude Meisch.

L'essentiel

Interpellé par des familles choquées après l'agression sexuelle d'une élève, jeudi dernier, à l'école fondamentale d'Hesperange, le ministre de l'Éducation nationale, Claude Meisch, sollicité par L'essentiel, a tenté d'apporter des réponses, lundi. Refusant de parler de faits soumis à une «enquête judiciaire», il a rappelé que «les bâtiments de l'école fondamentale ne sont pas sous contrôle de l'État mais des communes», admettant néanmoins que la gestion des flux exige des échanges entre acteurs.

Les enseignants ont la charge d'une surveillance dix minutes avant et dix minutes après les cours, dans toutes les écoles du pays. Un droit de garde. «L'enquête dira s'il y a eu ou pas un problème autour de l'accès au bâtiment», a précisé le ministre, ajoutant que «l'école n'est pas une prison. On ne peut pas la contrôler comme telle. Il faut rester vigilant et faire ce qui est nécessaire pour la sécurité mais qui soit raisonnable d'un point de vue pédagogique. Il n'y a pas de sécurité à 100%. Si quelqu'un veut entrer illicitement dans un bâtiment pendant l'école, il y aura toujours cette possibilité».

«La surveillance est renforcée»

Les élus de la commune et les services se sont réunis, lundi matin, pour proposer des pistes à la direction de l'enseignement fondamental et aux enseignants pour améliorer le système d'accès et renforcer la sécurité. Nous voulons faire le plus vite possible», expliquait le bourgmestre, Marc Lies, plaidant pour la concertation et des mesures durables. «Tout le monde a été choqué», assurait-il, précisant avoir été en contact constant avec la direction de l'enseignement et la police.

Concernant le manque de communication dénoncé par les parents, il citait deux courriers adressés jeudi et vendredi, en concertation entre tous les acteurs, et invoquait l'impossibilité d'en dire plus en raison de l'enquête judiciaire. «Nos bâtiments sont partout sécurisés. La surveillance est renforcée. Nos collaborateurs communaux à l'école veillent à ce que les portes et accès soient fermés, surveillés».

Le suspect en détention à Schrassig

Parmi les pistes envisagées, celle de fermer les portes y compris d'accès au précoce, «avec un accompagnement permettant un accueil des tout petits. Mais cela suppose une concertation avec les enseignants», confiait-il. Il évoque des soucis à clarifier avec ces derniers pour «fermer les portes», car certaines n'étaient selon le bourgmestre pas «bloquées» . D'après Marc Lies, le suspect serait resté sept minutes dans le bâtiment et aurait été identifié notamment grâce à des caméras de surveillance.

Rappelant que «la classe concernée a été prise en charge par des enseignants affectés au groupe de support psychologique, vendredi dernier», le ministère de l'Éducation nationale assurait que «ces experts restent disponibles pour assurer, au besoin, un encadrement de la classe, voire des autres classes de l’école, y compris des enseignants. Les enseignants ont été invités à rester particulièrement attentifs aux questionnements et inquiétudes des élèves; des consignes leur ont été données pour réagir aux demandes d’expression des enfants».

Lundi, des parents d'élèves regrettaient de n'avoir pas vu de changement apparent à l'école et toujours pas de communication. Arrêté vendredi, le suspect de l'agression a été présenté au juge d'instruction, qui a demandé un mandat de dépôt. Il est depuis en détention préventive à Schrassig, a précisé le parquet à L'essentiel.

(L'essentiel/Nicolas Martin et Marion Mellinger)

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