Mondial-2014 - Groupe A – De l'anonymat à la gloire en mondovision
Publié

Mondial-2014 - Groupe ADe l'anonymat à la gloire en mondovision

En 90 minutes, et une performance somptueuse face au Brésil, le gardien mexicain Guillermo Ochoa est sorti de l'ombre. Et a sans doute attisé l'appétit de grands clubs.

Aux innocents les mains pleines. À chacun de ses arrêts, Guillermo Ochoa, 28 ans, qui fêtait sa 59e sélection depuis décembre 2005, a opposé la même tranquillité, le même flegme. Il signe un arrêt de légende sur une tête de Neymar? Ochoa rajuste son bandeau et replace ses manches, prêt à défier le prochain Brésilien, sous les yeux du monde entier. Il repousse sur sa ligne une tête renversante de Thiago Silva? Il se relève, impassible. «C'est le match de ma vie», a déclaré le portier mexicain après le match.

Ochoa (1,85 m) a peut-être peaufiné cette tranquille sérénité dans les buts de l'AC Ajaccio. C'est là, que devant des tribunes souvent vides, il a signé des exploits parfois retentissants, mais réservés à un cercle plus restreint de spectateurs. Ochoa est vite devenu la véritable coqueluche d'Ajaccio et l'une des attractions de la Ligue 1 française. Au point que les observateurs s'interrogeaient très régulièrement sur les raisons de sa venue en Corse.

Gardien dans le top 5 de la Ligue 1

L'arrivée de «Memo» durant l'été 2011 - en provenance du Club America, basé à Mexico – dans les rangs de la modeste équipe, tout juste promue en Ligue 1 et de surcroît dotée du plus petit budget de l'élite, avait surpris. Le gardien de la sélection mexicaine, véritable star dans son pays, souhaitait, comme bon nombre de ses compatriotes, tenter sa chance en Europe. «À Ajaccio, j'ai trouvé les conditions idéales pour m'exprimer. C'est le seul club qui m'ait tendu la main suite à l'affaire de dopage dont j'étais accusé. Forcément, cela créé des liens et ça ne s'oublie pas», explique le joueur.

Le gardien s'est rapidement hissé dans le top cinq des meilleurs portiers de la Ligue 1. Ses parades réflexes sur sa ligne ont découragé bien des attaquants. «Memo» Ochoa a, en outre, apporté sa contribution lors des deux premières saisons de l'AC Ajaccio. Au club, comme dans la ville corse, le Mexicain est devenu une icône. Une accolade par-ci, une poignée de mains par-là. À chaque intersaison, Ochoa était sur les tablettes de clubs de L1 (Toulouse, Marseille) et même de Liga; mais d'un commun accord avec les dirigeants, il a chaque fois choisi de rester en Corse.

Jusqu'à son départ, acté en mai dernier. L'AC Ajaccio a en effet été officiellement relégué en 2e division, au bout d'une saison catastrophique. La belle aventure s'est achevée, et Ochoa n'a toujours pas trouvé de destination. Il a bien fait, car sa performance de mardi soir devrait attiser les appétits des plus grands clubs. En tout cas, elle devrait faire taire ses détracteurs. Parmi lesquels Antonio Carbajal, ancien gardien mexicain des années 1950 et 1960. Après la première sélection d'Ochoa, il avait lancé: «Il se prend trop de buts sur des tirs lointains. Sur les centres, il peine trop souvent dans ses sorties. Je commence à me demander s'il n'a pas des problèmes de vue et de concentration». Depuis, Ochoa a montré qu'il a beaucoup progressé!

(L'essentiel/AFP)

Accusation de dopage

À la suite d'un contrôle positif en mai 2011 au clenbutérol (anabolisant) avec quatre coéquipiers de la sélection, Guillermo Ochoa avait été exclu de la Gold Cup. Mais il avait finalement été blanchi. Toutefois, l'arrivée en Corse du gardien mexicain avait été retardée, car le document de la Fédération mexicaine attestant de son blanchiment avait été longuement attendu. Cette affaire avait finalement servi les intérêts du modeste club d'Ajaccio, alors que des Européens aux moyens financiers bien supérieurs semblaient avoir des vues sur ce portier, comme Manchester United ou le Paris Saint-Germain.

Ton opinion