Au Luxembourg – De l'art urbain pour embellir le chantier du Knuedler

Publié

Au LuxembourgDe l'art urbain pour embellir le chantier du Knuedler

LUXEMBOURG - Des artistes ont pris possession des palissades de chantier sur le Knuedler. Graffiti et street art y ont remis de la vie et des couleurs.

«Une palissade de chantier, c'est moche». Depuis quelques semaines, le Knuedler ne ressemble plus à grand-chose. Les engins de chantier y ont remplacé les étals du marché et les travaux vont durer jusqu'en 2023. Mais la place Guillaume II, avec la mairie et le Bierger-Center à un jet de pierre du Palais reste un lieu de passage obligé pour de nombreux résidents et visiteurs. Du coup, pour redonner vie à l'endroit, des calicots publicitaires, une expo de photos vintage de la place et, désormais, des graffitis et du street art ont été placardés.

À l'origine des graffiti sur les palissades les plus colorées, juste à l'entrée du Bierger-Center, une idée de la ville de Luxembourg. Celle-ci a commandé une fresque à l'artiste Alain Welter, installée sur les cheminées d'aération qui jaillissent là. On y voit des virus faire du parachute à l'aide de masques chirurgicaux. Puis, d'autres artistes sont venus faire le tour des palissades. «La ville nous a contactés pour décorer le reste, en collaborant avec Alain Welter», explique Sader, graffeur installé au Grand-Duché. Avec l'ASBL I Love Graffiti, il s’attelle donc au projet.

«Dévier un peu de la morosité ambiante»

Pour le thème, «on s'est dit qu'on entendait parler de Covid, de masques tous les jours...» se souvient Stick, un autre artiste luxembourgeois impliqué dans le projet. «Alors pourquoi pas rester dans le thème, mais dévier un peu de la morosité ambiante». Résultat, le chantier présente toutes sortes de masques, traditionnels maya ou africain, issus de la pop-culture comme ceux d'un stormtrooper de «Star Wars» ou encore du film «The Mask». En tout, sept artistes participent à la réalisation, qui dure cinq jours. «On a un dégradé de couleurs sur tout le tour, du bleu au violet et au rose. Ça égaye la place», sourit Sader.

Le résultat final mélange le graffiti que l'ASBL I Love Graffiti ambitionne de faire mieux connaitre, et le street art. Stick explique la nuance entre les deux formes artistiques. «Le graffiti, à la base, est axé sur la lettre, avec différents styles. Le street art, lui , est plus figuratif, plus accessible». L'ensemble reprend d'ailleurs plusieurs styles d'expression, avec des lettres réinterprétées de différentes manières. Quoi qu'il en soit, le Luxembourg, en ce domaine aussi, dispose d'une scène très vivante. «Elle est enrichie par la situation du Luxembourg, lieu de passage», appuie Sader. Pour Stick, «la société luxembourgeoise est un melting-pot, avec beaucoup de passages, d'influences. Ça se retrouve dans les scènes» graffiti et street art.

D'après la Ville de Luxembourg, les graffitis seront plus ou moins visibles jusqu'à l'été 2022, en fonction de l'emplacement des installations mobiles de chantiers.

(jw/L'essentiel)

Ton opinion