Portrait – De Monsieur 100 000 volts à Premier ministre
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PortraitDe Monsieur 100 000 volts à Premier ministre

LUXEMBOURG - Il a 40 ans depuis mars. Élu député pour la première fois en 1999, bourgmestre de la capitale depuis 2011, Xavier Bettel n’a cessé de brûler les étapes en politique.

Xavier Bettel voulait rester bourgmestre de Luxembourg-Ville, il sera Premier ministre du Grand-Duché, leader d’une coalition à trois (DP-LSAP-Greng) insolite, mais annoncée. À 40 ans, le voici donc brûlant encore une fois les étapes dans une carrière politique bâtie sur la cordialité, la proximité, le dynamisme et l’engagement. «Nous sommes les vainqueurs du jour. Je suis plus que content de ce que nous avons réalisé. Maintenant nous allons prendre nos responsabilités», disait-il dimanche soir, après que son DP, le parti démocratique, soit sorti en grand vainqueur de ces législatives anticipées.

Avec 13 sièges, les bleus faisaient presque aussi bien qu’en 1999, l’année du dauphin, où ils avaient raflé 15 sièges et fait leur entrée au gouvernement. Dans le sillage des expérimentés Lydie Polfer, Charles Goerens et Henri Grethen, deux jeunes enthousiastes et aux dents longues entraient à la Chambres des députés: Xavier Bettel et Claude Meisch. Arrivé au DP dix ans plus tôt, le dynamique et convaincant Xavier Bettel en était déjà l’une des stars et le chouchou numéro un. Avec en poche une maîtrise en droit public et droit européen, un diplôme en droit maritime et un autre en droit ecclésiastique. Sans oublier un DEA (diplôme d'études approfondies) en droit public et en sciences politiques.

Député à 26 ans

Avocat à Luxembourg-Ville, député à 26 ans, conseiller communal au même âge, son ascension était programmée. Aux communales de 2011, il devançait le bourgmestre sortant, Paul Helminger, de 514 voix et celui-ci lui laissait alors les commandes de la ville. À 38 ans, il devenait l’un des plus jeunes maires d’une grande capitale en Europe. S’il abandonnait alors son poste de député, c’était pour se mettre au service des citoyens. «À ce rythme-là, je ne sais pas si je tiendrai six ans!», disait-il, tout en sachant son énergie jamais à court et son envie d’agir jamais rassasiée.

Comme le socialiste Étienne Schneider, qui voulait être Premier ministre et ne le sera donc pas, Xavier Bettel n’a jamais fait mystère de son homosexualité. Mais il a toujours refusé de considérer cet aspect de sa personnalité comme un élément déterminant de son action politique. Exubérant, bavard, sensible, ouvert sur les autres, il l’a toujours été et il va le rester. Pour rien au monde, il ne voulait laisser tomber la ville de Luxembourg. Sauf si le pays l’appelait. À 40 ans, Xavier Bettel va succéder à Jean-Claude Juncker. Ce dernier avait 41 ans quand il est devenu Premier ministre. Il le sera resté 18 ans avant de retourner dans l’opposition par la faute d’un jeune homme pressé qui va secouer le pays.

(Denis Berche)

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