Sonja Grethen – «De plus en plus d'ados sont pleins d'angoisses»

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Sonja Grethen«De plus en plus d'ados sont pleins d'angoisses»

LUXEMBOURG - Les conséquences de la crise du Covid-19 sont lourdes. Au niveau relationnel aussi. Sonja Grethen, coach de vie, nous partage les constats qu'elle a remarqués.

Sonja Grethen est l'invitée de «L'essentiel Radio» tout au long de la semaine.

Sonja Grethen est l'invitée de «L'essentiel Radio» tout au long de la semaine.

Dans ce dernier épisode de la «Story» de L’essentiel Radio consacrée à Sonja Grethen, la coach de vie évoque en long et en large le «coaching». «Quand je fais des coaching individuels en face-à-face avec une personne, c’est dans mon bureau», nous apprend-t-elle, «mais s’il y a des petites ou moyennes entreprises qui me contactent quand elles ressentent que des employés partent dans un burn-out, là, je peux me déplacer au sein des sociétés pour sensibiliser, les ressources humaines, les directeurs, les responsables de département sur le sujet «burn-out». Il faut savoir qu’une sensibilisation au burn-out n’est pas possible, si une personne ne sait rien du burn-out. Il faut des explications sur le burn-out pour pouvoir stopper le burn-out».

Existe-t-il un code éthique au niveau du coaching? «C’est une évidence et c’est la base», insiste Sonja Grethen. «Tout coach systémique doit avoir un code éthique qui nous dit, par exemple, que l’on n’a pas le droit de prendre des personnes qui sont psychiquement malades. Il y a un secret professionnel. On doit respecter et évaluer notre client. On a des supervisions. Dans nos formations, on a une partie théorique, mais aussi une partie pratique. Après des épreuves, on a la supervision et ce sont des coachs qui travaillent depuis des années dans le coaching qui nous aident à trouver le rythme pour ne pas faire d’ erreurs. Et pour finir, on a un examen final. On ne devient donc pas coach sur un claquement de doigts.

Sonja Grethen en quelques questions

Si vous recevez d’un coup 1000 euros, vous faites quoi?
La seule chose que je ferai, c’est de mettre cette somme de côté, au cas où il y aurait encore un lockdown. Je ne suis pas très “argent”. Je valorise plus la vie privée, la famille et mes amis.

L’objet dont je ne peux pas me séparer?
Ma voiture, car c’est ma liberté. À 18 ans, je ne voulais absolument pas avoir mon permis de conduire, car je ne l’ai eu qu’à 33 ans. Je n’en avais pas besoin et j’avais le temps. Je l’ai donc passé quand j’ai eu ma fille.

Réécoutez la séquence du vendredi 4 juin 2021

Sur les ondes de L’essentiel Radio, Sonja Grethen nous explique son rôle de coach de vie tout au long de cette semaine, mais qu’est-ce que le «WingWave-Coaching»? «C’est une technique de déblocage des amygdales», détaille-t-elle. «On en a deux, une dans le cerveau. Dans le cerveau, les amygdales, c’est le centre «déjà-vus négatifs» qui se stockent. Quand vous entendez des phrases telles que: “de toute façon, tu n’y arriveras pas” ou que vous faites face à des situations choquantes, ce sont dans les amygdales que ça se stocke. Donc forcément, les amygdales bloquent. Avec ce système WingWave, dans la phase rêve, les yeux commencent à bouger de droite à gauche. C’est comme quand vous regardez les yeux des chats qui dorment les yeux ouverts. En fait, ce mouvement de droite à gauche, il débloque les amygdales dans le cerveau. Ils s’ouvrent pour sortir tous les «déjà-vus négatifs». C’est comme si l’on faisait un «reset». Dans la journée, on peut le faire aussi, à travers les mouvements droite-gauche».

«Avec le WingWave, je peux cibler le déclencheur d’une situation», poursuit Sonja Grethen. «Je peux aller plus rapidement au fond du problème. Les jeunes qui ont des problèmes, je les prends à partir de 14 ans. Étant donné qu’ils sont mineurs, je dois avoir l’accord des parents». Un coaching, à la différence d’une thérapie, ce n’est pas forcément court. «Cela dépend», précise Sonja Grethen. «Cela peut être court, par exemple, si on identifie rapidement le déclencheur et que l’on a une situation à traiter. Après quatre séances, cela peut être terminé. Dans des situations de rupture, j’ai eu des clients qui, après quatre séances, c’était bon. Par contre, si un deuxième problème se présente derrière, qui est caché, mais qui est en relation avec le problème initial, cela peut durer plus longtemps. Il ne faut pas oublier que nous sommes tous des individus différents».

Sonja Grethen en quelques questions

Un mot pour me définir? L’amour.

Ce que j’aime le moins dans la nature humaine?
Le mensonge.

Réécoutez la séquence du jeudi 3 juin 2021

La Story de L’essentiel Radio est consacrée, cette semaine, à Sonja Grethen. Elle est coach de vie. «La base du coaching, c’est le coaching systémique», nous confie-t-elle à notre micro. «On fait toujours le lien avec le travail et les problèmes liés au travail quand la personne rentre chez elle. On peut ainsi avoir des problèmes avec son partenaire, car on est fatigué ou énervé. On part donc du principe qu’il y a forcément un impact sur le partenaire, les loisirs, les enfants, la famille,... Tout est relié ensemble».

Alors que les mauvais souvenirs liés à la pandémie de Covid-19 s’éloignent peu à peu, de nouveaux maux ont-ils dû être traités par Sonja Grethen? «Ce qui est effrayant, c'est que j’ai beaucoup d’adolescents», regrette-t-elle. «Cela m’a vraiment choquée. Ils viennent, car ils ne sont plus motivés pour l’école. Ils ont plein d’angoisses. D’autres ont également des angoisses par rapport aux vaccins. Ce qui est marquant aussi, c’est le nombre important de ruptures dans les couples. Pour les ados, le fait de devoir suivre l’école à la maison et de ne pas voir leurs amis, ils sont coincés et on remarque qu’ils ne sont plus motivés à s’investir dans leurs études. Le contact social manque et il n’y a plus d’échanges».

Sonja Grethen en quelques questions

Quand je ne travaille pas?
Je profite du temps avec ma fille. C’est le plus important.

Comment voit-elle sa maman en tant que coach systémique?
À chaque fois, elle me dit que je suis de nouveau en train de la coacher. Elle ne se sent pas surveillée, mais on a, en fait, une relation très très proche. Un peu comme des amis, donc je prends mon temps avec mon enfant.

Quelle couleur dans une boîte de crayons?
Le vert, car c’est l’espoir. C’est le printemps.

Réécoutez la séquence du mercredi 2 juin 2021

«En tant que coach systémique ou coach de vie, je ne conseille pas les gens», précise Sonja Grethen, invitée de la Story de L'essentiel Radio, tout au long de cette semaine. «Avec des questions ouvertes, on essaie d'amener, la personne qui vient nous voir, à trouver ses solutions à ses problèmes et c’est ça qui est important».

Est-il possible de prévoir un burn-out ou cela peut-il nous tomber dessus du jour au lendemain? «Oui et non», nous a répondu Sonja Grethen. «Ce qu’il faut savoir sur le burn-out, c’est que c’est tout d’abord notre entourage qui le détecte en premier lieu. C’est quand il y a quelque chose qui ne marche pas avec soi-même. C’est seulement au stade maximal du burn-out que l’on se rend compte que l’on ne fonctionne plus comme avant. Je veux être franche et honnête avec vous. Si je suis devenue "coach burn-out", c’est tout simplement parce que j’ai été cliente auparavant. Et on peut s’en sortir».

«La personne qui est en burn-out se sent fatiguée et épuisée en permanence», poursuit Sonja Grethen. «C’est un épuisement mental et physique complet. On a des oublis fréquents, des maux de tête, le cœur qui ne fonctionne plus correctement,... Il y a des alertes, c’est clair! Ce qui est typique pour un client en burn-out, ce sont ces forts battements de cœur. Il y a des vertiges aussi, mais pour établir qu’il y a un vrai burn-out, c’est difficile».

Sonja Grethen en quelques questions

Mon premier job?
J’étais secrétaire et mon premier salaire, je l’ai investi dans un voyage avec ma maman.

Réécoutez la séquence du mardi 1er juin 2021

Sonja Grethen est l'invitée de Jean-Luc Bertrand tout au long de cette semaine. Coach au sein du Centre de coaching Luxembourg, elle a répondu à nos questions au micro de L'essentiel Radio. «Un coach de vie est un accompagnateur face à des situations difficiles de la vie quotidienne», rappelle-t-elle d'emblée. «Nous sommes à l'écoute de tous types de difficultés. Cela peut concerner des décès, des ruptures, tout ce qui est organisation,... J'ai également des clients qui sont en burn-out. Je fais aussi de la prévention du stress. Cela va dans toutes les directions liées à la vie quotidienne».

Un coach de vie n'est pas un psychologue, ni un psychiatre, ni un médecin. «C'est important de le préciser», souligne Sonja Grethen. «Le coach de vie n'a pas suivi des études médicales, donc ce qui est clair, c'est que l'on n'a pas le droit d'accepter des personnes qui sont malades ou qui ont des maladies psychiques. On ne peut pas établir des arrêts de maladie ou prescrire des médicaments. Le coach n'est qu'un assistant qui accompagne une personne dans une situation difficile. Si une personne me contacte après avoir rencontré un médecin qui diagnostique un burn-out, je rentre déjà un peu plus dans le détail pour calmer la personne et puis on part, un petit peu sur l'explication de mes techniques, à la fin. Je leur demande alors s'ils ont envie d'un premier rendez-vous gratuit pour faire connaissance, car c'est essentiel d'avoir confiance».

De manière transparente, Sonja Grethen rappelle également que la Caisse nationale de santé (CNS) n'intervient pas dans les dépenses allouées à un coach de vie. «Les personnes qui viennent me voir prennent en charge la totalité», indique-t-elle, «car le coaching n'est pas reconnu officiellement par la loi comme une profession, donc forcément le remboursement ne s'effectue pas par la CNS ou par une assurance».

Réécoutez la séquence du lundi 31 mai 2021


La playlist de Sonja Grethen

Une chanson en allemand de Sarah Connor boucle la playlist de Sonja Grethen. «Quand elle chante «Wie schön Du Bist», je vois de la beauté dans tous les êtres humains. Toutes les chansons que j’ai choisies, c’est pour montrer aux gens qu’ils sont exceptionnels».

Lara Fabian fait également son entrée dans la playlist de Sonja Grethen, «car elle a une voix exceptionnelle».

Metallica et le titre «Nothing Else Matters» arrive en 3e position de la playlist proposée par Sonja Grethen. «J’adore cette version avec un orchestre symphonique, car j’adore la musique classique. j’aime aussi le hard-rock et ce mélange est tout simplement magnifique et intéressant».

Dionne Warwick est la 2e artiste à intégrer la playlist de Sonja Grethen. «J’aime cette ambiance, même si j’aime à peu près tout dans la musique», reconnaît-elle.

Premier artiste à intégrer la playlist de Sonja Grethen, Gregory Porter avec son titre «Smile». «Pour le moment», rigole-t-elle, «j'ai l'impression que tout le monde a besoin d'un "smile", un sourire en anglais».

(Frédéric Lambert / L'essentiel )

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