Présidentielle française: Débat, attaques et petites piques… revivez le face-à-face Macron/Le Pen

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Présidentielle françaiseDébat, attaques et petites piques… revivez le face-à-face Macron/Le Pen

Le débat présidentiel, mercredi soir, entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, n'a pas dérogé aux figures imposées d'un tel duel télévisé. Voici ce qu'il faut retenir.

par
Nicolas Chauty
(avec AFP)

AFP

Les deux finalistes à la présidentielle française, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ont eu de vifs échanges mercredi soir lors de leur débat télévisé en s'affrontant sur la Russie, l'économie, les prix de l'énergie ou encore l'Europe, à quatre jours du second tour. Interrogés sur l'Ukraine, le candidat Macron, très offensif, a accusé sa rivale de «dépendre du pouvoir russe» et «de monsieur Poutine» pour avoir «contracté un prêt auprès d'une banque russe». «Vous parlez à votre banquier quand vous parlez de la Russie, c'est ça le problème madame Le Pen», a déclaré le président-candidat, Mme Le Pen répondant être «patriote (...) une femme absolument et totalement libre».

Elle a accusé M. Macron d'avoir «une posture pas digne», jugeant son attaque «assez malhonnête». «C'est pas Gérard Majax ce soir madame Le Pen», «vous n'expliquez jamais comment vous financez vos projets, vous n'êtes pas honnête avec les gens», «le projet que vous portez est un projet de rétrécissement»: le président-candidat a multiplié les attaques sur tous les sujets. Notamment sur l'Europe. «Votre projet consiste à sortir de l'UE. Vous mentez sur la marchandise. L'Europe est une copropriété, on ne peut pas décider seul de ripoliner la façade», a-t-il accusé.

Mme Le Pen venait de dire qu'elle souhaitait «rester dans l'Union européenne», mais «profondément la modifier pour faire émerger une alliance européenne des nations».

«Crises sans précédent»

Abordant en premier la thématique du pouvoir d'achat, préoccupation numéro un des Français selon les sondages, les deux adversaires se sont accrochés sur leurs propositions respectives d'incitations à augmenter les salaires et primes, chacun accusant l'autre de faire croire que les hausses seront «automatiques». «Vous n'allez pas faire les salaires Mme Le Pen». «Tout comme vous n'allez pas faire les primes M. Macron», se sont répondu les deux candidats qui se font face pour la première fois depuis leur duel télévisé en 2017.

La cheffe de file du Rassemblement national a défendu sa proposition de geler «les cotisations patronales» en cas d'augmentation de «10% les salaires jusqu'à 3 fois le Smic». «C'est certes un manque à gagner» pour l'Etat mais, «ça n'est pas une dépense directe», a assuré Mme Le Pen. Les deux candidats se sont aussi opposés sur les méthodes pour protéger le pouvoir d'achat, notamment sur l'energie, Emmanuel Macron défendant le «bouclier» déjà mis en place et son projet de «chèque alimentaire», Marine Le Pen prônant une baisse de TVA. M. Macron a reproché à son adversaire de ne pas avoir voté pour ce bouclier à l'Assemblée nationale.

Pouvoir d'achat et Union européenne

Le débat a commencé par des déclarations liminaires des candidats, Mme Le Pen déclarant que «le plus grand atout de la France c'est son peuple». Se disant «porte-parole des Français», elle a déploré les voir depuis cinq ans «souffrir, s'inquiéter d'un déclassement et d'une précarité qui reste généralisée». Pour sa part, le président sortant a insisté sur cette période «de crises sans précédent» citant la pandémie de Covid-19 et la guerre sur le sol européen en Ukraine, disant vouloir «rendre notre pays plus indépendant et plus fort par son économie, par le travail, par la recherche, l'innovation, par sa culture».

Les deux candidats divergent sur l'Ukraine, les relations avec la Russie, comme quasiment tout le reste: des retraites à l'écologie en passant par le port du voile, les libertés publiques et les institutions, le pouvoir d'achat et l'Union européenne.

Attaques et bons mots qui font mouche. Petit florilège:

  • EUROPE

«Ne tombez pas dans le complotisme», a lancé Marine Le Pen, alors qu'Emmanuel Macron l'accusait de vouloir «sortir de l'UE», ce dont s'est défendue la candidate RN. «Venant de vous je trouve ça séduisant», lui a rétorqué Emmanuel Macron, alors que les militants RN sont selon certaines enquêtes les plus sensibles aux théories du complot.

  • ECOLOGIE

Emmanuel Macron a qualifié son adversaire d'être «climato-sceptique» en l'accusant de subventionner les énergies fossiles par son projet de baisse de la TVA. Marine Le Pen lui a répondu qu'il était «un peu climato hypocrite» en l'accusant de soutenir «le pire de l'écologie punitive».

  • POUTINE

Allusion au prêt d'un créancier russe au RN, M. Macron répond à Marine Le Pen qui lui reproche d'avoir reçu le président russe avec les honneurs: «J'ai reçu M. Poutine comme un chef d'Etat mais pas comme un banquier». En retour, pour justifier son prêt russe de 2015, Marine Le Pen accuse Emmanuel Macron de l'avoir «empêchée» d'en contracter un en France. «Nous sommes un parti pauvre, c'est pas déshonorant», vante-t-elle encore.

  • GERARD MAJAX

La référence a fait sourire les réseaux sociaux. Alors que les deux candidats s'écharpent sur les chiffres du chômage, M. Macron souligne que le Bureau international du travail (BIT) ne compte pas les catégories B et C du chômage. «Ils seront contents de l'apprendre», ironise Marine Le Pen. «Ce n'est pas Gérard Majax, ce soir. Arrêtez ça!», rétorque Emmanuel Macron en référence au prestidigitateur célèbre dans les années 1980 et 1990.

  • LE TOUQUET

Quel avenir pour les éoliennes en France? Les deux candidats ont deux visions radicalement différentes mais Marine Le Pen persifle: «Vous voulez mettre des éoliennes partout sauf en face du Touquet», où le couple Macron possède une résidence secondaire. Le président-candidat l'accuse en retour de «complotisme».

  • CINQ ANS APRES

Emmanuel Macron remarque que le débat est «plus discipliné» qu'il y a cinq ans. «On vieillit», sourit Marine le Pen. «Vous, ça ne se voit pas. Moi, je crains que ça se voit beaucoup», badine Emmanuel Macron.

  • MCKINSEY

Marine Le Pen critique la proposition d'Emmanuel Macron de mieux rémunérer les enseignants au mérite. «Je ne sais pas si c’est McKinsey qui a proposé ça», tacle la candidate en référence à la polémique sur le recours jugé excessif aux cabinets de conseil pendant ce quinquennat.

  • LECTURE

Débat entre les deux candidats sur le projet de loi contre l'islamisme proposé par Mme Le Pen. Celle-ci adresse ce reproche à son rival: «Vous n’avez pas lu ma loi». Emmanuel Macron, du tac au tac: «Mais j’ai lu la Constitution française».

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