Société israélienne – Débloquer un GSM, un jeu d'enfant pour Cellebrite
Publié

Société israélienneDébloquer un GSM, un jeu d'enfant pour Cellebrite

Quelques secondes suffisent à un employé d'une des entreprises leaders dans le domaine du piratage, basée en Israël, pour déverrouiller votre portable et en extraire les données.

Le laboratoire de Cellebrite dispose de 15 000 modèles de portables.

Le laboratoire de Cellebrite dispose de 15 000 modèles de portables.

AFP

Cellebrite, installée à Petah Tikva dans la banlieue de Tel-Aviv, a conclu des contrats dans une centaine de 100 pays, dont un bon nombre avec des gouvernements, offrant de nouvelles possibilités aux agences de sécurité mais alarmant les défenseurs de la vie privée. Elle a fait parler d'elle en mars quand les médias ont rapporté que sa technologie avait été utilisée par le FBI pour pirater l'iPhone d'un des tueurs de San Bernadino en Californie. D'autres informations ont ensuite dit le contraire. La compagnie, elle, garde le silence sur ce sujet.

Cellebrite affirme pouvoir récupérer tout une gamme d'informations d'un téléphone, comme la localisation de son utilisateur à n'importe quel moment ou des SMS même quand ils ont été supprimés depuis des années, à condition qu'il soit physiquement connecté à un de leurs appareils. «Il y a beaucoup d'appareils que nous sommes les seuls dans le monde à pouvoir déverrouiller», assure Lior Ben Peretz, un des directeurs.

Aucun portable n'est inviolable

Un journaliste de l'AFP s'est prêté à l'expérience en entrant lui-même un mot de passe dans un téléphone vierge et en prenant des photos. En quelques secondes, le mot de passe a été neutralisé et les photos sont apparues sur un écran d'ordinateur, avec l'endroit et l'heure exacts où elles ont été prises. Le véritable défi, selon M. Ben-Peretz, c'est le «jeu du chat et de la souris» nécessaire pour suivre les mécanismes de sécurité toujours plus innovants des sociétés de téléphonie.

Le laboratoire de Cellebrite dispose de 15 000 modèles de portables, à raison de 150 à 200 nouveaux modèles par mois. Dès qu'un nouveau téléphone est lancé, explique M. Ben-Peretz, les 250 personnes de l'équipe de recherche se lancent dans une course contre la montre pour «extraire les données, les décoder, les normaliser, être en mesure de les lire, les analyser et au bout du compte les rapporter». Cela peut prendre quelques jours ou plusieurs mois.

Les iPhone posent des difficultés particulières parce que, contrairement à d'autres, Apple conçoit tout, du matériel au logiciel, explique Wang Yong, professeur à l'Université d'État du Dakota (États-Unis). Mais à entendre Lior Ben-Peretz, aucun portable sur le marché n'est inviolable: «C'est vrai que cela devient plus difficile, plus complexe (...) mais nous y parvenons toujours, même sur les derniers appareils et derniers systèmes d'exploitation».

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion