Philippe Schockweiler – «Défendre la démocratie au Luxembourg»

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Philippe Schockweiler«Défendre la démocratie au Luxembourg»

LUXEMBOURG - Philippe Schockweiler, un des organisateurs de la manifestation contre le gouvernement prévue dimanche, explique pourquoi certains citoyens veulent des élections anticipées.

L'action Facebook est claire: «Restaurer la confiance, nouvelles élections maintenant!»

L'action Facebook est claire: «Restaurer la confiance, nouvelles élections maintenant!»

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«Vertraue rëm hierstellen, dofir Neiwahlen elo!» ("Restaurer la confiance, de nouvelles élections maintenant!"). Tel est le slogan de la manifestation organisée à la place Clairefontaine, le jour de la fête nationale.

«Nous descendons dans les rues pour défendre la démocratie au Luxembourg», indique la circulaire distribuée en préambule de la manifestation. Les jeunes de Déi Gréng, du DP et du parti pirate dénoncent la crise d’État dans laquelle est empêtré le Grand-Duché après les révélations dans le cadre des affaires Bommeleeër et SREL. «Seules des élections anticipées permettent de clairement rétablir les choses», clament les organisateurs.
L’essentiel Online s’est entretenu avec Philippe Schockweiler, coorganisateur de la manifestation et ancien président de «déi jonk gréng»:

Pourquoi organisez-vous cette manifestation? Le Parlement, le représentant du peuple, n’a-t-il pas pris sa décision lors d’un vote libre?

Philippe Schockweiler: Dans l’idéal, la Chambre des députés représente les citoyens d’une part et assure le contrôle du gouvernement de l’autre. Les événements de ces dernières semaines ont conduit à une dangereuse perte de confiance en la politique dans son ensemble. Dans des périodes de crise, cela est particulièrement dangereux. Nous sommes très inquiets. C’est pourquoi nous revendiquons des élections anticipées, synonymes d’un renouveau.

Ne faut-il pas attendre que la commission d’enquête du SREL ait terminé son travail et livre son rapport?

C’est vrai, et nous partageons l’avis que ce rapport devra faire la lumière sur la vérité. Et c’est ce qu’il fera. Par contre nous voulions dès à présent lancer notre initiative, notamment pour tous les citoyens qui se sentent trompés et dupés après les récentes révélations. Cela explique pourquoi l’organisation se fait à travers différents partis politiques. À ce stade, la politique du parti importe peu.

À votre avis pourquoi les jeunes socialistes (JSL) ne se sont pas joints à votre initiative, alors même qu’ils avaient demandé la démission de Luc Frieden avant le vote de confiance. Le parti-mère aurait-il fait pression?

C’est une question que vous devriez poser au LSAP. Les jeunes socialistes ont été invités à participer au mouvement au même titre que tous les autres mouvements politiques des jeunes. Je ne peux pas commenter ce qui s’est déroulé dans les coulisses mais j’espère que le JSL continuera à s’engager aussi ouvertement qu’il ne l’a fait avant le vote de confiance.

Ne craignez-vous pas que les citoyens soient débordés par les affaires complexes du SREL et du Bommeleeër et qu'ils soient finalement résignés à ce qu'une partie du système reste dans l'ombre?

C’est justement à cause de la complexité de la situation que nous exigeons la tenue d’élections anticipées. Nous pensons, et sommes même convaincus, que les citoyens ne sont pas prêts à accepter la tournure qu’ont pris les évènements et participeront à notre manifestation pour partager leur désaccord. Nous voulons rappeler aux personnes qu’elles ont à tout moment le droit d’entrer en contact avec leurs élus pour exprimer leur opinion. Pour ce faire, pas besoin de réinventer la roue de la démocratie, il faut juste que les gens sachent qu’ils peuvent accomplir beaucoup de choses avec leur voix et leur engagement.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur L’essentiel Online en allemand

(Michel Thiel/L'essentiel Online)

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