Crise du pays – Démission du ministre ukrainien de l'Economie

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Crise du paysDémission du ministre ukrainien de l'Économie

Pavlo Sheremeta, en conflit avec le Premier ministre ukrainien, a annoncé ce jeudi avoir donné sa démission alors que le pays souffre d'une grave crise économique.

«Au lieu de lutter contre le système d'hier, j'ai décidé de travailler avec des gens qui vont créer un système de demain», a-t-il écrit sur sa page Facebook. M. Sheremeta a expliqué jeudi à la presse que la «ligne rouge» avait été franchie mercredi lorsque le gouvernement a nommé un représentant commercial Valéri Piatnitski en faisant fi du désaccord du ministre de l'Économie dont il dépend. Pour être validée, sa démission doit être approuvée par le Parlement.

Économiste formé aux États-Unis, Pavlo Sheremeta, 43 ans et son ministère avaient été critiqués cette semaine par le Premier ministre Arseni Iatseniouk, en raison de réformes jugées insuffisantes. «Je ne suis pas satisfait par la vitesse et la profondeur des réformes» au moment où «les séparatistes soutenus par la Russie font tout pour étrangler l'économie ukrainienne» en détruisant l'infrastructure dans l'Est industriel et causant des préjudice se chiffrant à des milliards de dollars, a dit mercredi M. Iatseniouk lors du conseil des ministres.

Deuxième démission retentissante

En récession quasi ininterrompue depuis plus de deux ans, l'Ukraine pourrait voir cette année son PIB chuter de 6,5%, selon le Fonds monétaire international (FMI), qui a sauvé l'économie ukrainienne de l'asphyxie en accordant en avril une ligne de crédits de 17 milliards de dollars à Kiev dans le cadre d'un plan international de 27 milliards. Pavlo Sheremeta, fondateur de l'École des Affaires auprès de la prestigieuse université Kiev-Moguila avait pris une part active dans la contestation proeuropéenne qui a renversé en février le régime prorusse de Viktor Ianoukovitch après un bain de sang dans le centre de Kiev.

Sa nomination comme celle de la plupart des ministres avait été annoncée sur le Maïdan, haut-lieu de la contestation à Kiev. C'est la deuxième démission retentissante cette semaine après celle de la journaliste et militante Tetiana Tchornovol chargée de la lutte contre la corruption au sein du gouvernement qui avait dénoncé «le manque de bonne volonté» des autorités dans cette lutte. M. Iatseniouk avait lui aussi donné sa démission fin juillet après le refus du Parlement de voter des lois impopulaires, mais celle-ci n'a pas été approuvée par le Parlement.

(L'essentiel/AFP)

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