«De plus en plus» de salariés en «démission silencieuse»

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Emploi au Luxembourg «De plus en plus» de salariés en «démission silencieuse»

LUXEMBOURG – Le déséquilibre perçu entre vie professionnelle et vie privée ne cesse d'augmenter, constate la Chambre des salariés. La réaction des travailleurs est de garder leur emploi tout en s'éloignant le plus possible de l'entreprise.

par
Olivier Loyens

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«De plus en plus de salariés déplorent que leur vie professionnelle empiète trop sur leur vie privée, souligne David Büchel, psychologue du travail au sein de la Chambre des salariés, qui réalise chaque année l'enquête «Quality of Work Index», en partenariat avec l'Université du Luxembourg. Et c’est surtout la situation des travailleurs qui ne télétravaillent pas (jamais ou rarement) qui se détériore nettement».

En outre, les salariés «accordent toujours» une grande importance au sens et à la reconnaissance dans le travail (en comparaison avec l’objectif de faire carrière ou d’aller travailler pour les bénéfices matériels du travail), «ce qui est malheureusement de plus en plus difficile à trouver dans certaines professions et certains secteurs économiques». La réaction de ces salariés, constate David Büchel, est de vouloir garder leur emploi tout en s'éloignant le plus possible de l'entreprise, afin de s'épanouir dans des activités de loisirs ou en famille. C'est ce qu'on appelle le «Quiet Quitting», ou «démission silencieuse» en français, un terme popularisé sur les réseaux sociaux.

«Limiter la casse»

«50% des salariés» veulent une forme de travail «hybride» en alternant télétravail et travail sur site, et 5% veulent uniquement travailler de chez eux, note David Büchel. «Pour beaucoup de salariés», les avantages du télétravail comme la réduction des temps et coûts de déplacements, des horaires plus souples, plus d’autonomie dans l’organisation du travail, l’absence des désagréments liés aux bureaux «open space» etc. priment sur ses désavantages (porosité vie privée vie pro, temps de travail en plus, isolement...). «Nous commençons seulement à voir les conséquences à moyen terme du Covid, et bien sûr celles-ci ont entrainé une perte de motivation pour un grand nombre de salariés», analyse de son côté Florane Giolat, chargée de communication à Moovijob.

Comment les employeurs peuvent-ils faire face à ce phénomène? «Il est difficile de motiver à 100% l'ensemble de ses troupes, mais il est possible de limiter la casse», estime Nathalie Delebois, co-présidente de la Federation for Recruitment, Search & Selection (fr2s). Les managers doivent «s'efforcer de créer du sens, un sentiment d'appartenance à l'entreprise, poursuit Gwladys Costant, l'autre co-présidente de la Fédération. Il faut créer un intérêt individuel pour chaque employé». Florane Giolat estime que les employeurs doivent essayer de repérer les salariés les moins épanouis. «Il ne faut pas hésiter à leur proposer des entretiens individuels ou si besoin, des discussions moins formelles, afin de savoir si quelque chose les perturbe. Cela pourra permettre de leur proposer des solutions personnalisées», conclut-elle.

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