Séisme en Turquie – Des camions d'aide en proie aux pillards
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Séisme en TurquieDes camions d'aide en proie aux pillards

Dix-sept camions d'aide du Croissant-Rouge ont été «pillés» par des inconnus après le violent séisme de dimanche dans la province de Van, dans l'est de la Turquie.

«Ces pilleurs qui se manifestent à chaque séisme sont arrivés ici aussi. Dix-sept de nos camions ont été pillés lundi et mardi», à Van, la capitale régionale, et à Ercis, la ville la plus touchée par le sinistre, a dit Ahmet Lutfi Aker.

Les sinistrés de la province de Van ont, eux, laissé éclater leur colère mercredi, critiquant la lenteur de la distribution des tentes. Ils accusent les autorités de discrimination ethnique. La population de l'est de la Turquie est majoritairement kurde, une ethnie estimée à 15 millions d'habitants sur 75 millions au total.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a pour sa part admis mercredi certaines défaillances dans l'organisation des secours «dans les 24 premières heures» après le séisme. Mais il a également rassuré, affirmant que la situation était maintenant sous contrôle.

Le Premier ministre turc admet des couacs

«Au début, dans les 24 premières heures, il y a eu vraiment des manquements, nous le reconnaissons», a dit M. Erdogan. Il a néanmoins précisé que «l'État s'est mobilisé avec toutes ses institutions» pour venir en aide aux rescapés.

Des sinistrés de la province orientale de Van ont laissé éclater leur colère mercredi. Ils ont critiqué la lenteur de la distribution des tentes notamment et accusé les autorités de discrimination ethnique. La population de l'Est est majoritairement kurde.

M. Erdogan a rejeté ces critiques. Le premier ministre a estimé «amplement suffisantes» les quelque 17 000 tentes envoyées aux personnes touchées par le séisme qui a fait 461 morts et plus de 1 350 blessés.

Marché noir

Dix-sept camions d'aide du Croissant-Rouge ont toutefois été «pillés» par des inconnus à Van, a annoncé le directeur de cette organisation caritative. La police de Van a aussi confirmé certains incidents de pillage.

Des habitants d'Ercis ont d'autre part indiqué que des inconnus avaient arrêté, mardi, un camion chargé de tentes en provenance de la province voisine d'Agri. Ils ont battu le chauffeur et se sont emparés de la cargaison, probablement pour la revendre au marché noir, selon les résidents.

De longues files d'attente se sont formées pour réclamer des tentes devant la préfecture d'Ercis. «Ils nous traitent comme des bêtes», s'est insurgé un jeune homme tandis que fusaient des sifflets de protestation contre l'interruption des distributions.

A Guvecli, un village entièrement détruit à une trentaine de kilomètres de Van, les habitants péniblement regroupés dans quelques tentes, se sont plaints d'avoir été oubliés. «Le Croissant-Rouge nous a seulement apporté dix tentes lundi», puis 25 autres mardi, selon un ancien chef du village, Zeki Yatkin.

Aide de plus de trente pays

Le gouvernement turc acceptera l'aide proposée par une trentaine de pays, y compris celle d'Israël malgré les tensions, pour faire face aux conséquences du séisme, a indiqué mercredi une source diplomatique turque. Ankara a décidé d'accepter les offres d'aide, notamment concernant des logements préfabriqués et conteneurs pour abriter les rescapés.

L'aide qu'apporte Israël est un geste purement humanitaire, dont le mobile n'est pas l'amélioration des relations diplomatiques entre les deux pays, a tenu à souligner le gouvernement israélien.

Nouveaux rescapés

À Ercis, la découverte de nouveaux rescapés continue d'encourager la recherche de survivants. Mercredi à l'aube, une enseignante de 27 ans, Gözde Bahar, a été extraite vivante des décombres, 66 heures après le tremblement de terre qui a touché cette ville de 75 000 habitants.

Quelques heures auparavant, un étudiant de 18 ans avait été extirpé en vie. Mardi, un triple sauvetage - un bébé de 14 jours, sa mère et sa grand-mère - avait ranimé l'espoir des secouristes et des rescapés attendant des nouvelles des disparus.

Mais les chances de retrouver des survivants diminuent d'heure en heure et les sinistrés redoutent une nouvelle nuit glaciale, alors que des chutes de neige étaient annoncées mercredi soir. Les autorités sanitaires ont mis en garde contre le risque accru de diarrhée, l'eau courante étant contaminée.

L'essentiel Online
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(AFP)

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