Au Luxembourg – Dès ce samedi, les femmes travaillent pour rien

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Au LuxembourgDès ce samedi, les femmes travaillent pour rien

LUXEMBOURG - Ce samedi marque «le jour de l'inégalité salariale» au Grand-Duché. L'écart de salaire entre les genres y est de 5,5%.

Le Luxembourg s'en sort peut-être mieux que d'autres pays, mais il ne pratique pas encore l'égalité salariale. À travail égal, les hommes gagnent, au Grand-Duché, 5,5% de plus que les femmes. Moins bien que la Belgique (l'écart y est de 4,2% d'après des chiffres de l'OCDE) mais nettement mieux que le Portugal (9,6%), la France (13,7%), l'Allemagne (15,3%) ou encore la Corée, où l'écart est abyssal (32,5%). Dans l'ensemble de l'OCDE, les hommes gagnent en moyenne 12,9% de plus que leurs collègues féminines.

Mais, avec ces 5,5% d'écart existant encore au Luxembourg, les femmes travaillent pour la gloire à compter de ce samedi, pour les 20 derniers jours de l'année. Ce qui fait monter l'OGBL au créneau pour rappeler le slogan «à travail égal, salaire égal». Pour le syndicat, «la question de l'inégalité salariale englobe également d'autres aspects». En effet, non seulement les femmes sont, à travail égal, moins bien payées que les hommes, mais en outre leur taux d'activité est plus faible et elles travaillent plus souvent à temps partiel (30% des femmes et 5% des hommes sont à temps partiel).

Une nouvelle grève des femmes

Résultat des courses: le pouvoir d'achat et l'indépendance financière des femmes sont nettement plus faibles que ceux des hommes. Ce qui se ressent plus tard sur le montant de la pension perçue. L'OGBL le regrette d'autant plus que «la crise du Covid-19 a démontré et mis en exergue que les femmes sont surreprésentées dans les secteurs essentiels qui, dans une large mesure, sont ceux où les rémunérations sont les plus faibles». Un paradoxe qui se ressent dans les professions considérées comme «féminines» et qui sont moins bien payées, comme le nettoyage, le commerce ou l'Horeca.

L'OGBL pointe aussi les inégalités au sein même de la famille. «De nombreuses tâches incombent encore et toujours aux femmes». Au Luxembourg, les femmes passent 16 heures par semaine, en moyenne, aux tâches ménagères, contre 8 heures seulement pour les hommes. «Cela doit changer, car les femmes en subissent les conséquences pour le restant de leur carrière», déplore le syndicat. «Voilà pourquoi l'OGBL Equality appelle et participera activement à la nouvelle grève des femmes», prévue le 8 mars 2021.

(jw/L'essentiel)

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