Enlèvement au Yémen – Des chefs locaux mobilisés pour la Française

Publié

Enlèvement au YémenDes chefs locaux mobilisés pour la Française

Des chefs tribaux et des miliciens chiites Houthis ont été sollicités pour obtenir la libération d'une Française et d'une Yéménite enlevées mardi, à Sanaa.

La famille de l'accompagnatrice yéménite de la Française enlevée mardi à Sanaa a indiqué mercredi avoir sollicité l'intervention de chefs tribaux, du ministère de l'Intérieur et de miliciens chiites Houthis pour obtenir la libération des deux femmes. L'identité des ravisseurs de la Yéménite et de la Française, Isabelle Prime, employée d'une société de conseil américaine, n'est pas encore connue.

«Nous avons contacté différents chefs tribaux (dans la capitale) Sanaa, dans les provinces de Jawf (nord) et de Marib (centre) pour nous assurer de leur collaboration en vue de la libération des deux femmes», a déclaré Yassine Makkaoui, oncle de la Yéménite. «Nous avons également contacté, dans le même but, le ministère de l'Intérieur et les Houthis», ces miliciens chiites qui contrôlent en grande partie Sanaa depuis septembre, a-t-il ajouté.

En plein jour

M. Makkaoui a rejeté sur les Houthis la responsabilité de l'enlèvement, sans les accuser explicitement d'en être les auteurs. «L'enlèvement s'est passé en plein jour dans le centre de Sanaa où les Houthis sont responsables du maintien de l'ordre», a-t-il dit. «Ils contrôlent à la fois les ministères de la Défense et de l'Intérieur et nous les rendons responsables» du sort des deux femmes, a-t-il ajouté. Cependant, dans la confusion qui règne à Sanaa, rien n'indique de manière évidente que des Houthis ont été directement impliqués dans ce rapt.

Dans le passé, de nombreux auteurs d'enlèvement ont utilisé des uniformes de la police ou de l'armée et des véhicules officiels pour des enlèvements, sans appartenir ni à la police ni à l'armée. Les enlèvements d'étrangers au Yémen ont souvent été le fait de tribus qui les utilisent pour faire pression sur les autorités afin d'obtenir des services, des infrastructures ou simplement la libération d'un de leurs membres. Mais ces dernières années, des otages ont été revendus à Al-Qaïda et certains ont trouvé la mort.

Elle «devait partir dans quelques jours»

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a réitéré mercredi l'appel aux ressortissants français à quitter le Yémen. «C'est un pays extrêmement dangereux», a-t-il déclaré, ajoutant que «tous les services sont mobilisés pour obtenir» la libération d'Isabelle Prime. Mais la France n'a plus de diplomates au Yémen depuis qu'elle a fermé début février, comme d'autres pays occidentaux, son ambassade à Sanaa. Dès l'annonce de l'enlèvement, le président français François Hollande a réclamé «la libération dans les meilleurs délais» d'Isabelle Prime.

L'employeur de la Française, Francisco Ayala, président de Ayala Consulting, basée dans la banlieue de Miami (sud-est des États-Unis) et en Équateur, a indiqué qu'«Isabelle était la dernière» des expatriés de sa société encore au Yémen et qu'elle «devait partir dans quelques jours». Selon M. Ayala, elle se rendait en voiture à son travail avec son accompagnatrice yéménite quand son chauffeur a été arrêté par des hommes armés habillés en policiers. La voiture a tourné dans la ville puis le chauffeur a été libéré et a prévenu les autorités. Selon M. Ayala, les ravisseurs ont voulu libérer l'accompagnatrice, mais cette dernière a refusé pour rester avec la Française.

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion