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Coronavirus au Luxembourg«Des chiffres alarmants mais pas choquants»

LUXEMBOURG - Le Luxembourg va utiliser les canaux diplomatiques pour expliquer aux autres pays pourquoi ses chiffres sont élevés.

«Si on teste plus, on trouvera plus de cas», a rappelé mercredi, le Premier ministre Xavier Bettel, lors d'un point presse après le Conseil de gouvernement. Pour le chef du gouvernement, les chiffres des nouvelles infections au coronavirus sont «alarmants mais pas choquants», dans la mesure où la hausse est «linéaire mais pas exponentielle». Il n'en reste pas moins que le Luxembourg en subit les conséquences, placé sur liste rouge ou orange par d'autres pays.

Le gouvernement est bien décidé à apporter une réponse diplomatique aux quarantaines qui commencent à être mises en place. «Chaque ministre va prendre contact avec ses homologues» pour expliquer la situation, affirme le Premier ministre. Qui va lui aussi aborder le sujet lors du Conseil européen, vendredi et samedi. «Il existe plusieurs explications. On teste beaucoup et tester moins n'est pas une option. On compte aussi les frontaliers», insiste Xavier Bettel. De quoi nuancer, peut-être, l'avis des pays les plus alarmistes.

82 000 tests depuis le déconfinement

Dans le détail, quand d'autres pays ne testent que les cas graves ou avec des complications, le Grand-Duché teste tous les patients, même avec des symptômes légers, et propose en outre des tests à large échelle, sur invitation, même aux résidents et frontaliers sans symptômes. 

Depuis la dernière vague de déconfinement, 282 000 tests ont été effectués, dont 66% dans le cadre du programme de tests à large échelle. Les 34% restants sont des tests normaux, des gens envoyés se faire tester par leur médecin parce qu'ils avaient développé des symptômes, même légers. Mais seuls 15% des patients testés positifs l'ont été sur invitation, les autres 85% ayant fait des tests normaux, hors du programme de tests à grande échelle. Compter les frontaliers a aussi fait gonfler les chiffres luxembourgeois, puisqu'ils représentent 18% des infections diagnostiquées au Grand-Duché. Ils seront d'ailleurs sortis des statistiques prochainement.

Un travail intense

Dans la semaine du 6 au 12 juillet, 402 nouvelles infections ont été comptabilisées. Des patients d'une moyenne d'âge de 35 ans, dont 41% étaient déjà en quarantaine, interrompant ainsi la circulation du virus. Et la ministre de la Santé, Paulette Lenert, a affirmé que le pays va continuer sur la même voie. «Tester massivement est la pierre angulaire de notre stratégie, avec le traçage des contacts». Plus jeunes, les nouveaux infectés présentent peu de risques de complications, mais ils ont beaucoup de contacts.

Les autorités sanitaires ont ainsi dû remonter la trace de plus de 2 000 contacts dans la semaine du 6 au 12. Et n'ont pu avoir tout le monde que mardi soir sur le coup de 23h. Un travail intense, mais qui porte ses fruits. «Chaque chaîne d'infection interrompue est importante», rappelle le Premier ministre.

(jw/L'essentiel)

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