Formation – Des cours pour devenir un super papa

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FormationDes cours pour devenir un super papa

Depuis deux ans, des formations pour les futurs papas sont mises en place dans le sud de la France pour leur donner quelques clefs pour s'occuper de leur bébé.

Les papas passent beaucoup plus de temps avec leur enfant chaque jour qu'il y a 30 ans.

Les papas passent beaucoup plus de temps avec leur enfant chaque jour qu'il y a 30 ans.

AFP

Du changement de couche au choix du biberon en passant par les réflexes à avoir quand bébé s'étouffe, les futurs papas sont de plus en plus nombreux à suivre une formation pour se préparer à l'arrivée de leur premier enfant. Gilles Vaquier de Labaume a lancé «les ateliers du futur papa» il y a deux ans. «Je suis parti de mon expérience, de ce petit meuble que j'aurais dû accrocher, mais qui a failli tomber sur ma fille», raconte ce père de trois enfants. «Si j'avais eu certaines informations avant sa naissance, le négatif j'aurais pu l'éviter, et le positif le prolonger».

Selon ce désormais titulaire d'un CAP petite enfance après avoir été formateur scientifique dans un groupe pharmaceutique, les mamans disposent sans s'en rendre compte de beaucoup d'informations, avec les affiches des salles d'attente des gynécologues, les récits des amies et surtout la transmission mère-fille. Chez les pères, «il y a une réelle envie de s'impliquer, mais souvent ils ne savent pas comment», explique-t-il. Avec ces formations d'une journée, organisées par groupes d'une dizaine d'hommes, il a souhaité créer un espace où ils puissent parler librement, «entre gars». «Si les mamans sont là, ça met trop de pression», confirme François Gyselbrecht, qui a participé à l'atelier en février et est désormais papa d'une fille de deux mois.

«On ne retient pas tout»

Exercices pratiques, conseils..., le but est de ressortir armé: «Changer les couches une ou deux fois sur un mannequin, ça rassure avant de le faire en vrai», témoigne Dimitar Staykov, tout jeune papa. «Le désir de s'impliquer était ancré dans les papas, mais ils n'osaient pas prendre cette place», constate Eric Saban, pédiatre depuis 25 ans et auteur du «Grand livre des nouveaux papas» (ed. Leduc). Alors qu'avant, les pères ne venaient qu'une seule fois, lors de la première consultation,« maintenant, ils prennent du temps pour amener l'enfant» lors des rendez-vous suivants, dit-il. «Ils ont compris qu'ils doivent prendre très vite leur place de père, ne pas laisser s'installer un binôme avec la mère».

«On ne retient pas tout», admet Arnaud Machetel, qui a participé à un atelier au printemps 2015 et dont le fils est né en novembre. «Mais ce sont des petites choses qui reviennent au fur et à mesure (...) Ça a été plus naturel, j'ai eu l'impression d'avoir toujours su m'occuper de lui. »Cette formation ne sert pas qu'aux papas: «C'est lui qui m'a montré comment utiliser un mouche-bébé ou tenir bébé dans le bain», raconte Vanessa Guigen, épouse de M. Gyselbrecht.

Le temps consacré par les pères à leurs enfants est passé de 22 à 41 minutes quotidiennes entre 1985 et 2010, contre 82 à 95 minutes pour les femmes, selon une enquête de l'Insee sur les emplois du temps publiée en octobre. Une évolution qui s'explique non seulement par la part croissante de mères qui travaillent, mais aussi par le fait qu'il est mieux vu aujourd'hui pour un père de pouponner.

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